La force de l’exemple

La force de l’exemple

Mardi dernier était organisée en live la seconde édition des «Débats de l’Ecran» initiés par les associations de jeunes unies sous le Label Morocco l’Ghedd et Marocains Pluriels.
Le thème en était «Parole aux jeunes, paroles de jeunes», l’objectif en était de permettre aux jeunes engagés sur le terrain de s’exprimer sur ces 4 mois de pandémie et leurs attentes.
En effet, notre jeunesse a été particulièrement active durant la période de confinement et la société dans son ensemble a paru découvrir une jeunesse qu’elle méconnaissait bien souvent, voire qu’elle méprisait. Ces jeunes qui ont été présents sur le terrain, sur les réseaux sociaux, pour aider, sensibiliser, accompagner ont été les fers de lance d’un vaste mouvement de solidarité dans notre pays.
Cette légitimité qu’ils ont acquise, ils n’entendent pas l’abandonner ni la voir oubliée par les responsables -notamment les politiques et les élus.
Les élections locales qui viennent de se dérouler en France -pays où vit une très importante communauté marocaine et franco-marocaine- ont vu émerger une nouvelle génération de maires issus de ses rangs. En quoi cela peut-il inspirer les jeunes Marocain(e)s du Royaume, en quoi cela peut-il servir de «moteur», d’exemple?
C’est à la lumière de ces événements que les jeunes responsables associatifs invités à cette seconde édition des «Débats de l’Ecran» étaient amenés à s’exprimer.
«Qu’ont-ils à dire, qu’ont-ils à nous dire ?
Comment ont-ils vécu la pandémie, le confinement ?
Et maintenant qu’espèrent-ils, qu’attendent-ils, que veulent-ils ?
Ils ont investi les créneaux de la culture, de la vie associative de l’humanitaire… comment envisagent-ils d’influer plus amplement sur la vie de notre société ?
Comment se positionnent-ils vis-à-vis des élections qui s’annoncent ?»

C’est à toutes ces questions qu’ils ont cherché à répondre, et sincèrement le débat était à la hauteur des attentes: plus de 2 heures de discussion, 1.700 participants et un débat où tout s’est dit dans la franchise et le respect. Vraiment on ne peut qu’être fier et plein d’espoir en écoutant cette jeunesse.
Le terme «engagement» a d’ailleurs été le mot le plus souvent employé ce soir-là…
Tarik Fadli – véritable génie du digital – était le grand témoin à l’écoute de 7 jeunes militants associatifs de terrain : Mohameed Smait de Saf’Jeunesse à Safi, Mohamed Âamissi de Kech’Jeunesse à Marrakech, Fatima Zahra Bachraoui Ouassaidi de Oriental Leaders à Oujda, Achraf Tamlakoutan de Par-Delà les Remparts à Fès, Moussa Laarif de Hip-Hop Family à Rabat, Mounir Aznail de Marock’Jeunes à Marrakech, et Otmane Mazzine de MOGAJeunes à Essaouira… tous percutants.
Une conclusion unanime venue de tous les jeunes intervenants peut se résumer en ces quelques phrases :
«La jeunesse -et l’ensemble de la population – aspire à un Maroc plus juste, plus égalitaire, avec moins de disparités sociales, territoriales… un Maroc de la méritocratie, or cela ne peut se faire seul, d’autant plus que des «poches de résistance» s’opposent et s’opposeront bien évidemment au changement.
Il est indispensable que la jeunesse fasse entendre sa voix.

L’engagement associatif, culturel, humanitaire, social… est le moyen efficace, concret, mobilisateur de s’impliquer dans la vie de notre pays.
L’autre moyen dont les citoyens en général – et la jeunesse en particulier – doivent également se saisir est le vote !
Le Maroc ne changera qu’avec ses jeunes et par ses jeunes…
Il faut que les nouvelles générations occupent l’espace, tout l’espace !».

A titre personnel j’ai vu dans ces 2 heures de débat une raison supplémentaire de croire en notre futur, de croire en notre pays et de constater à quel point mon intuition – qui date de plusieurs années -était juste : lorsque l’on se dit engagé, militant, que l’on se veut «exemplaire» en quelque sorte, c’est bien dans des moments d’anxiété, de doute, de danger comme ceux que l’on vient de traverser qu’il faut le prouver. Moi-même, tout autant que de nombreuses personnes de la société civile, je m’y étais engagé, et c’est bien auprès de ces centaines -ces milliers de jeunes- que j’en ai puisé la force.

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