Chroniques

La guerre est contagieuse

On le sait depuis la nuit des temps. La guerre est contagieuse. Il suffit qu’un conflit éclate quelque part pour que cela donne des idées belliqueuses à d’autres nations qui n’attendaient que la première occasion pour régler certains passifs, de vieux conflits ou quelque haine raciale non déguisée.

Après l’invasion de l’Ukraine par la fédération de Russie, après la stupeur planétaire devant l’impunité à l’égard du régime de Moscou qui a défié et les États-Unis et l’Union européenne et l’OTAN, la guerre en Palestine augure du pire poussant de nombreux analystes à parler d’une troisième guerre mondiale qui a déjà éclaté. Dans cette dynamique du pire, d’autres pays ont compris les nouveaux équilibres des forces dans le monde et surfent déjà sur la vague martiale des Russes. C’est le cas de la Serbie qui menace le Kosovo, considéré par le nationalisme serbe comme une simple province pour le régime de Belgrade. Quand on connaît la terrible histoire des Balkans, le pire est toujours à prévoir. Et si une attaque a lieu, elle n’épargnera, ni la Bosnie, ni la Croatie, ni le Monténégro, ni la Macédoine ni l’Albanie, voire la Slovénie. C’est dire qu’une partie de l’Europe, voisine de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Roumaine peut s’enflammer avec toutes les conséquences que cela peut engendrer sur la stabilité dans le monde, sur l’économie mondiale et sur la paix, qui demeure un vœu pieux, dans une Europe qui renoue déjà avec ses vieux démons. Ce scénario a déjà eu lieu avant la Première Guerre mondiale, durant la Deuxième Guerre et lors de la guerre en ex-Yougoslavie, avec toute la barbarie à laquelle nous avons assisté, entre charniers, génocides, épuration ethnique et autres fosses communes.

Si aujourd’hui d’autres pays européens sentent la grande menace d’une guerre encore plus virulente, comme c’est le cas des pays baltes ou de la Pologne, c’est de l’autre côté du monde, en Asie, que le baril de poudre risque d’être dévastateur. La Chine qui n’a jamais plié le dossier de Taïwan revient à la charge avec des menaces, avec des manœuvres militaires au large de la mer de Chine, très près de l’île de Taïwan. Un conflit entre la Chine et l’île qui produit à elle seule 60% des puces électroniques dans le monde, risque de paralyser de manière sérieuse l’ensemble de l’économie mondiale. Autrement dit, sans cette technologie taïwanaise, les grandes puissances de ce monde et toutes les autres nations risquent de vivre un réel blackout de tous leurs moyens de production. Ce qui est l’équivalent d’une crise économique dévastatrice et sans précédent.

Le conflit entre les deux pays est si réel que les choses ont déjà pris des dimensions effrayantes. En effet, la Chine a assuré dans un Livre blanc, publié il y a quelques jours, ne pas renoncer à l’usage de la force pour reconquérir l’île. En réponse à ces nouvelles menaces, l’armée taïwanaise a procédé à un nouvel exercice à munitions réelles le 11 août 2022. Une escalade qui n’augure rien de bon dans cette région très sensible où d’autres conflits refont surface, malgré le fait qu’ils n’aient jamais disparu, mais juste colmatés en fonction des équilibres des forces et des intérêts des grandes puissances comme la Chine et les USA. On parle ici des deux Corées, celle du Nord et celle du Sud. L’un des plus vieux conflits du monde entre deux peuples divisés, depuis la fameuse guerre de Corée. Le président nord-coréen a même assuré que ses forces armées sont «parfaitement préparées» en cas d’un affrontement militaire avec les Etats-Unis et la Corée du Sud. Kim Jong Un a déclaré : «La force de dissuasion nucléaire de notre pays est également prête à mobiliser sa puissance absolue de manière fiable, précise et rapide». Avant d’ajouter en critiquant le nouveau président sud-coréen Yoon Suk-yeol, qui a pris ses fonctions en mai et a promis de se montrer plus ferme à l’égard de son voisin du nord. «Parler d’une action militaire contre notre nation, qui possède des armes absolues qu’ils craignent le plus, est absurde et constitue une action auto-destructrice très dangereuse».

Ceci sans parler ni des conflits entre l’Inde et le Pakistan (deux pays nucléarisés) pour la région du Cachemire. Ceci sans parler du Sri Lanka et du Timor. Sans parler des conflits au Moyen et Proche Orient. Sans parler de la Syrie, du Yémen, de la Libye, des conflits en Afrique et ailleurs. Le tout couplé à trois années de pandémie planétaire avec des retombées humaines et économiques désastreuses, à une grande récession économique et à des crises majeures de famine qui font déjà des millions de réfugiés de la faim.

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