La quête du graal

La quête du graal

«Au fond, le graal renvoie à ce désir profond de l’homme d’aujourd’hui de trouver une justification à son existence. Prisonnier de ses fantasmes et de ses habitudes, il se projette dans le destin de ces chevaliers confrontés à des épreuves au bout desquelles ils se réalisent et toujours inspirés par ce sens aigu de la responsabilité collective»x
Jean Markale


La quête du graal bat son plein. Le monde entier court à son élixir de vie. Nos cœurs de lion sont asiatiques à faire frémir l’histoire et rougir les Européens bien nés. Encore devrions-nous définir le bien né. Car il fait meilleur sous le ciel rouge chinois au vu de la gestion de la crise sanitaire mondiale que sous le ciel brumeux anglo-saxon.
Il est important de revenir sur les racontars que nous suivons assidûment depuis janvier 2020. Le cofondateur de BioNTech a expliqué, le 20 novembre 2020, que son vaccin a été conçu en quelques jours en janvier 2020, se déclarant paré pour la santé des citoyens du monde. On arrive en janvier 2021 et notre chère OMS déclare 60 vaccins contre le coronavirus SARS-CoV-2 autorisés ou en phase d’étude clinique. Mais pas seulement puisqu’on attendrait 172 autres vaccins potentiels. C’est le fast food du vaccin. Société de consommation oblige. Un label chinois sera plus revendiqué peut-être qu’un label made in Paris. La roue tourne quand il ne s’agit plus de sacs à main mais de la survie de l’humanité. La contrefaçon change de bord.
La Russie, Cuba et la Chine injectent massivement et commercialisent et on dénombre 350.000 vaccins administrés en Chine dès octobre 2020. On plane. On fantasme un retour à une vie d’antan dans la joie et l’allégresse de la bêtise humaine concourant à sucer la sève de sa mère Terre à l’unisson, en attendant des accords extra-terrestres pour permettre de mettre la Terre en jachère en dénichant l’Homme-fils trop gourmand et destructeur.

Arrive alors sur ses grands chevaux le vaccin Pfizer, en partenariat avec notre BioNTech si vous vous souvenez de la première déclaration du fameux vaccin prêt depuis janvier 2020 ; ce qui fait grimper les Bourses mondiales en affirmant 90% d’efficacité. Il est très vite supplanté par Moderna qui annonce un vaccin efficace à 94%. Mais la FDA américaine et le MHRA homologue anglais approuvent l’élixir Pfizer-BioNTech et le sort en est jeté. Suivent Israël, le Canada, l’Arabie saoudite, les Emirats et l’Union européenne.
L’humain est tellement prévisible et devant un vaccin salvateur qui s’est cru rapidement ou trop facilement disponible, l’humain fait la moue. Il polémique. Il discute. Il compare sans compétence aucune et dit préférer la Covid au vaccin ou jure de se faire vacciner belge plutôt que chinois. C’est la course au selfie vaccinal. Un vaccin pulpeux labélisé ou un vaccin de supermarché entre deux rayons de barres chocolatées et on aurait le libre arbitre feint de décider.
Quelle risée ! Plus drôles sont nos concitoyens qui remettent en cause un vaccin généreusement offert avec une gestion avant-gardiste gargantuesque par amour pour le citoyen marocain. Le problème dans une société post-moderne de consommation de masse c’est la pensée du gratuit, de l’offert, du geste humain non monnayable. Déclarez demain le vaccin payant et non disponible ! Vous verrez des queues interminables et une ruée vers les centres de vaccination et on trouvera le moyen de pleurer sa malchance de ne pas pouvoir se le payer ce fameux vaccin. Mieux encore, on sera victimes et inégaux devant l’élixir de vie.
Les sondages à l’échelle mondiale l’ont bien démontré. Les refus restent de 36% en moyenne aux USA, 30% en Allemagne et 21% au Royaume-Uni. Les Français n’ont une médiane de refus que de 7%. Le vaccin est encouragé mais nulle part dans le monde il est obligatoire.
Revenons à l’histoire. Il existe bien un calendrier de vaccination aujourd’hui. Il n’est guère tombé du ciel. Si aujourd’hui, nous ne craignons plus la varicelle ou la rougeole ou qu’on se rit de l’endémie tuberculeuse bien gérée, ce n’est pas le fruit d’un miracle olympien mais de vaccins mis en place par des communautés de chercheurs qui y ont travaillé. Quelle est donc la différence aujourd’hui ?

La suffisance et les failles narcissiques purulentes de l’humain qui pense que si son voisin meurt de la Covid, lui est peu enclin à faire une forme grave ? C’est statistique.
Il est vrai que l’immunité juridique des sociétés pharmaceutiques interpelle. Mais le recul clinique se fait avec le temps et les risques de poursuite ne déchargent pas de la faute volontaire, seulement des effets secondaires. Il n’existe pas de médication sans effets délétères. Le paracétamol et la pilule contraceptive seraient dangereux et toxiques si on veut souligner les effets secondaires des médications acceptées, voire revendiquées et communément consommées, et pourtant.

Les conspirationnistes youtubeurs ne manquent pas. Les Français Silvano Trotta ou Thierry Casasnovas s’opposent au vaccin et s’appuient sur les paroles de la généticienne Alexandra Henrion-Claude qui elle affirme la dangerosité de se faire vacciner si on a déjà eu la Covid-19. Ces prises de position dans différents pays ont étés dénoncées par des séries de scientifiques en mettant l’accent sur le scénario complotasse.
2021 s’annonçait sous un ciel propice à la victoire sur la Covid grâce à un vaccin disponible. Le vaccin attendu et critiqué tarde mais on l’attend de pied ferme car il reste l’issue. Mais il fallait faire sans mère Nature et son courroux car deux variants se sont annoncés en Afrique du Sud et au Royaume-Uni. Et si l’Homme crée des vaccins à n’en plus finir, le virus mute et s’adapte en quête de survie et sans avoir besoin de budget.
Bienvenue dans Virus world 2021. La quête de l’élixir de vie continue pour l’Homme et son virus.

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