Chroniques

L’alliage jeunes du Royaume et jeunes mre…

© D.R

Ecueils
Il ne faut absolument pas que notre pays donne l’impression qu’il privilégie la jeunesse MRE au détriment de la jeunesse locale.

Je crois fermement à cette alliance et je parlerais même plutôt d’alliage, mot plus fort et dont le sens s’inscrit dans la durée.
Depuis toujours je suis un partisan et un artisan de cet alliage Jeunes compétences du Royaume + Jeunes compétences des Marocains de l’étranger qui se révélera au fur et à mesure du temps et des expériences comme un atout considérable et une fusion inoxydable… si et seulement si l’on sait s’y prendre, en respectant les spécificités et la dignité des uns et des autres. Je vais m’expliquer sur ce point.
En effet j’ai la chance de bien connaître les deux jeunesses puisque ayant grandi au sein de la communauté marocaine de France et y ayant fait les premiers pas de mon engagement associatif puis m’étant totalement immergé et impliqué au sein de la jeunesse du Royaume.
Les deux se marient admirablement dans leur patriotisme, leur désir de faire œuvre utile et la force de leur jeune âge. Je connais les immenses qualités des uns et des autres mais je connais aussi leurs susceptibilités et leur soif mutuelle de respect.
Je me prends à rêver d’un appel d’air -que Sa Majesté met souvent en exergue- qui ferait que de jeunes MRE depuis leurs pays de vie ou bien en rentrant au Maroc, réalisent cet alliage avec les jeunes compétences d’ici : quel gage de réussite !
Deux écueils sont cependant à éviter, et en les citant ici je ne me pose pas en donneur de leçons mais au contraire en donneur de conseils.
Spectateur et acteur de cette union possible -et déjà entamée- tant au niveau associatif que culturel, sportif ou social, je suis profondément persuadé qu’il ne faut absolument pas que notre pays donne l’impression qu’il privilégie la jeunesse MRE au détriment de la jeunesse locale (sentiment bien souvent ressenti, que je m’efforce de dissiper par la force du dialogue)…
Des obstacles sont aussi à surmonter de la part des jeunes eux-mêmes : combien de MRE se comportent avec une sorte d’arrogance, de sentiment de supériorité, donnant l’impression qu’ils considèrent les jeunes locaux comme des incompétents, qu’ils surpasseraient en tout point.
On les voit partout, s’exprimant sur tout- voire des sujets qu’ils ne maîtrisent pas, au nom de la diaspora… d’autres encore organisant des événements, sur le sol du Maroc même, uniquement réservé aux jeunes MRE, quelle erreur!
D’autant plus que les jeunes du Royaume détestent être traités avec arrogance, avec mépris, avec condescendance, ce qu’ils apprécient en revanche c’est la modestie et être mis sur un pied d’égalité.
C’est la mixité, le métissage, l’union des jeunesses, le partenariat… qu’il faut renforcer.
A contrario il existe aussi ici certains jeunes qui considèrent la jeunesse MRE comme «illégitime», se mêlant de choses qui ne la concerne pas, voire qui les considèrent comme des «envahisseurs», les Zmagris comme ils disent…
Cela dépasse la jeunesse elle-même puisque des partis politiques souhaitent exclure ces jeunes Marocains d’ailleurs de postes de responsabilité.
Les deux sont dans l’erreur et alimentent la suspicion de part et d’autre ! Dieu merci ils sont minoritaires, et je voudrais maintenant citer des expériences, des actions, des initiatives qui renforcent la cohésion et l’alliage entre les deux jeunesses.
Il ne serait pas possible de ne pas commencer par la Fondation Trophées Marocains du Monde qui œuvre depuis longtemps avec tact, intelligence et qualité, tout comme le média Yabiladi qui sait mixer ses informations, en s’adressant à tous,
Chez les jeunes générations, l’exemple qui me vient directement à l’esprit est 40 Under 40, devenue une prestigieuse plateforme pour l’intelligence marocaine dans le monde, ou encore le Salon du monde arabo-Amazigh, véritable lieu d’échanges, de rencontres, d’opportunités… ou encore la jeune start-up Wanaut qui marie les talents des deux jeunesses au cœur et au profit de la CAN.
Je peux citer également Al Qantara, la FDEC, Timendotes, Alliance Maroc-France…et bien d’autres.
Cet alliage se forge aussi grâce à des personnalités qui ont su sentir cette nécessité, cette envie, et y contribuer efficacement : au premier rang Samira Sitail, notre ambassadrice à Paris… qui mieux qu’elle?
Ou encore Walid Ragragui qui a réussi à donner l’exemple type par la composition de notre équipe nationale…
Ce sont aussi ces personnes à l’aise et populaires auprès des jeunes des deux Rives -souvent grâce à leur vécu- qu’ils soient artistes, sportifs, acteurs culturels, influenceurs…
Je terminerais par deux exemples très actuels et qui illustrent cet alliage en ayant compris et mis à contribution l’occasion de la CAN.
Tout d’abord l’association Génération Diaspora qui regroupe de jeunes MRE, de différentes régions de France et qui a dès sa création inscrit le partenariat avec les associations de jeunes du Royaume. Ayant à leur actif déjà plusieurs actions menées en collaboration avec la jeunesse d’ici, ils organisent ce mercredi 17 décembre à 20h30, un webinaire qu’ils ont intitulé «Rencontre avec le football marocain» dont les invités sont Moustapha Hadji et Ayoub Koutar à la confluence des jeunes des deux rives.

(Lien : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSe2YJ8bwDWZMcdKoUpJ72LaWNUatJLJhe040jawBALpibBITA/viewform)

Je citerais pour terminer cette chronique l’association Oxy’Jeunes qui elle aussi a dans son ADN la collaboration active avec la jeunesse marocaine d’ailleurs, elle a récolté pour son exposition«Jeunes Marocains, Oulad l’Koora» des dizaines de photos venant aussi bien des quartiers et communes du Maroc que des cités de France et de Belgique…
Le chemin pour forger cet alliage en est encore à ses débuts mais je suis persuadé qu’il est la voie vers un avenir commun.