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L’art de ne pas répondre tout de suite

© D.R

Tout ne nécessite pas une réaction instantanée. Toutes les questions n’attendent pas une réponse dans la minute. Toutes les sollicitations n’ont pas le même degré de priorité. Nous avons le droit de choisir quand répondre.

La culture de l’immédiat !
C’est Notre Quotidien !!
Nous l’avons Créée, Adoptée, Cultivée …
Nous vivons dans une époque où tout semble devoir être immédiat. Un message arrive, nous répondons. Un e-mail s’affiche, nous l’ouvrons. Le téléphone sonne, nous interrompons ce que nous sommes en train de faire. Une notification apparaît et, presque malgré nous, notre main se dirige vers notre écran.
Pendant longtemps, j’ai vécu ainsi.
Comme beaucoup, j’avais l’impression que répondre rapidement était une preuve de sérieux, de disponibilité et de professionnalisme. Très présente sur les réseaux sociaux, où j’échange quotidiennement avec une communauté d’environ 100.000 personnes sur Instagram, je ressentais une forme de responsabilité permanente. Un commentaire ? Je devais répondre. Un message privé ? Je devais répondre. Un e-mail ? Il fallait le traiter. Un appel ? Il fallait décrocher.
À cela s’ajoutaient WhatsApp, LinkedIn, les SMS… Comme si chaque notification était porteuse d’une urgence.
Et puis il y avait cette sensation étrange que beaucoup connaissent. Celle qui fait accélérer le cœur lorsqu’un téléphone sonne. Immédiatement, notre esprit imagine le pire. Est-ce qu’il est arrivé quelque chose à un proche ? À nos parents âgés ? À une personne malade de notre entourage ? À nos enfants lorsqu’ils sont loin de nous, en voyage ou simplement en train de construire leur propre vie ?
Nous finissons par associer chaque sonnerie à une urgence potentielle.
À cela s’ajoute une autre peur, plus silencieuse : celle de manquer quelque chose. De laisser passer une opportunité professionnelle. De ne pas répondre assez vite à un client. De rater «le message» qui pourrait tout changer.
Comme si le monde risquait de s’arrêter de tourner pendant les quelques minutes où nous choisissons de ne pas regarder notre téléphone.
Un jour, j’ai réalisé que ce n’était pas le téléphone qui décidait de mon emploi du temps. C’était moi qui lui avais donné ce pouvoir.
Cette prise de conscience a profondément changé ma façon de communiquer.
Je viens d’une génération qui a grandi sans smartphones, sans notifications permanentes et sans réseaux sociaux. Nous savions attendre. Nous pouvions être injoignables pendant plusieurs heures sans que cela ne soit perçu comme un problème. Les conversations étaient moins nombreuses, mais souvent plus présentes.
Alors pourquoi avons-nous accepté que chaque vibration devienne une priorité ?
Aujourd’hui, j’apprends à faire autrement.
Lorsque je suis en train de préparer une conférence, d’écrire une chronique ou de construire une proposition pour un client, je ne me précipite plus sur chaque notification. Je termine ce que j’ai commencé. Ensuite, je choisis le moment où je réponds.
Et j’ai découvert quelque chose d’extraordinaire : la qualité de mes réponses s’est considérablement améliorée.
Parce que je ne réponds plus sous le coup de la précipitation. Je réponds avec de la disponibilité, de l’attention et de la réflexion.
Cette pause est devenue un véritable outil de communication.
Ne pas répondre immédiatement ne signifie pas ignorer les autres. Cela signifie respecter aussi son propre temps, son énergie et sa concentration.
Bien sûr, il existe de vraies urgences. Mais elles sont beaucoup plus rares que nous le croyons.
Tout ne nécessite pas une réaction instantanée. Toutes les questions n’attendent pas une réponse dans la minute. Toutes les sollicitations n’ont pas le même degré de priorité.
Nous avons le droit de choisir quand répondre.
Nous avons le droit de terminer une tâche avant d’en commencer une autre.
Nous avons le droit de préserver quelques heures de calme sans culpabiliser. Finalement, la vraie liberté numérique ne consiste pas à être connecté en permanence. Elle consiste à rester maître de son attention.
Car répondre vite n’est pas toujours bien communiquer.
Parfois, la meilleure réponse est celle que l’on prend le temps de construire.
Et, paradoxalement, c’est souvent en répondant un peu moins vite que l’on devient beaucoup plus présent aux autres… et à soi-même.
Une pratique à cultiver et à adopter au quotidien. Un art du mieux communiquer et mieux vivre…

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