Compétence à part entière
On associe souvent le fair-play au sport. Respecter l’arbitre, l’adversaire, les règles du jeu. Mais le sport n’a jamais été seulement une affaire de performance. Il est aussi une école du comportement.
Le fair-play, la notion de fair-play, qu’est-ce que c’est, pourquoi, comment, quand ?!
À l’issue de la dernière Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc, notre équipe nationale n’a pas remporté le trophée sportif, mais elle a été distinguée pour son fair-play.
Je souhaite saluer ici l’équipe nationale marocaine et son coach pour cette reconnaissance, qui honore non seulement le jeu, mais aussi l’attitude.
Je ne m’attarderais pas sur le football en tant que tel.
Car ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est ce que cette distinction raconte de plus large : notre manière de vivre ensemble, de collaborer et de construire collectivement.
On associe souvent le fair-play au sport.
Respecter l’arbitre, l’adversaire, les règles du jeu.
Mais le sport n’a jamais été seulement une affaire de performance.
Il est aussi une école du comportement.
Le fair-play, dans le sport, ne diminue pas la valeur d’un joueur.
Il ne le rend pas faible.
Au contraire, il le fait grandir.
Il enseigne :
– la maîtrise de soi,
– le respect de l’autre,
– l’acceptation du résultat,
– et la dignité dans la victoire comme dans la défaite.
Transposé à la vie professionnelle, le fair-play devient une véritable compétence relationnelle.
En entreprise, le fair-play, c’est :
– collaborer sans écraser,
– réussir sans disqualifier,
– débattre sans humilier,
– défendre ses idées sans attaquer les personnes,
– reconnaître la contribution des autres dans une réussite collective.
C’est une posture essentielle dans les dynamiques de :
• travail d’équipe
• intelligence collective
• co-construction
• leadership responsable
• climat de confiance
Contrairement à une idée reçue, le fair-play n’annule pas la compétitivité.
Il la transforme.
Il ne s’agit pas de renoncer à l’ambition, ni à l’exigence, ni à la performance.
Il s’agit de promouvoir une compétitivité saine :
– une compétitivité qui stimule sans détruire,
– qui motive sans diviser,
– qui pousse à se dépasser sans dénigrer.
Le fair-play est compatible avec :
• un leadership audacieux
• un vrai sens de l’effort
• une culture du résultat
• et une forte implication professionnelle.
Il rappelle simplement que la réussite durable ne peut se construire dans la brutalité relationnelle.
Dans un monde professionnel où les tensions, la pression et la rivalité sont de plus en plus fortes, le fair-play devient un facteur de stabilité et de performance collective.
Il favorise :
– la coopération plutôt que la compétition stérile,
– la responsabilité plutôt que la domination,
– l’engagement plutôt que la peur,
– la confiance plutôt que la méfiance.
En tant que coach en soft skills, je suis convaincue que le fair-play mérite d’être pensé comme une compétence à part entière :
– dans les parcours de formation,
– dans les programmes de leadership,
– dans les équipes managériales,
– et dans les projets collaboratifs.
Former au fair-play, ce n’est pas former à la gentillesse naïve.
C’est former à :
– la maturité émotionnelle,
– l’éthique relationnelle,
– la communication respectueuse,
– et la responsabilité collective.
Le fair-play, c’est l’attitude de gagnant même dans la défaite ! Gagnant, de leçons, d’apprentissages, de renouveau, et de nouveaux départs…
Finalement, la distinction reçue par l’équipe nationale marocaine nous rappelle une chose essentielle :
on peut vouloir gagner,
on peut être ambitieux,
on peut être compétitif,
tout en restant digne, respectueux et juste.
Et si le fair-play devenait l’une des grandes Soft skills de notre temps, au service du vivre-ensemble, de la collaboration, et d’une réussite qui se construit avec les autres, et non contre eux ?!
Mieux communiquer, c’est aussi apprendre à jouer collectif.
Et mieux vivre, c’est savoir réussir sans perdre l’essentiel : le respect de soi et de l’autre…









