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Le renseignement à l’épreuve de nouvelles régles de jeu

L’évolution du renseignement tient essentiellement à l’essor des systèmes de communication et à l’émergence d’une société de l’information qui vont de pair.

 

La démarche d’analyse/synthèse est un processus continu qui se situe au cœur du problème posé à l’homme du renseignement.
Dans la plupart des pays, l’on retrouve un modèle – appelé dual – qui consiste à faire la distinction entre un service autonome dédié au renseignement extérieur et un autre au renseignement intérieur.

En revanche, cette différence n’existe pas dans d’autres systèmes, jusque-là moins répandus, où une seule institution s’approprie les attributions des différents services de renseignement (civils, militaires et d’application des lois).

Au fait, chaque pays reste souverain de l’organisation de ses services de renseignement qui peuvent cibler soit un seul domaine (renseignement intérieur, étranger, militaire, criminel ou financier), soit travailler dans plusieurs domaines (surveillance de la sécurité intérieure et extérieure).

Est-ce que le modèle dual est dépassé, créant un chevauchement des attributions et des compétences entre les services de renseignement intérieur et extérieur ? Pour ceux qui l’ignorent ou qui ont été mal informés, soyez rassurés : il n’existe pas dans notre pays (Maroc) de doubles emplois entre ces deux sphères du renseignement.

Pour tirer les choses au clair et faire la lumière sur beaucoup de désinformation et de propagande odieuse et mensongère qui circulent au niveau du Web, les deux principales institutions de renseignement, à savoir la DGST et la DGED, se complètent et chacune peut être utile à l’autre à chaque fois que cela est nécessaire. Au contraire, l’exemplarité de leurs relations en termes de coordination et de complémentarité est d’ailleurs le fruit de leurs succès.

La haute technologie complique ou facilite le travail du renseignement ?

Retour au bon vieux temps pour le renseignement étant donné que le cerveau de l’humain offre des capacités de jugement qui sont parfois supérieures à la capacité d’analyse de l’ordinateur le plus puissant.

Certes, les NTIC facilitent le travail des services secrets car cela permet d’accéder, instantanément, à des informations stratégiques et à d’importantes bases de données et d’échanger, à distance et en temps réel, pour résoudre, dans l’urgence, des problèmes pratiques spécifiques.

Prenons un exemple illustratif : il n’est pas faux d’affirmer que l’essor du numérique facilite énormément le travail du renseignement, alors que vu sous un autre angle, l’action clandestine, l’une des prérogatives régaliennes des agences de renseignement extérieur, devient très complexe à établir avec la numérisation du contrôle des frontières et la multiplicité des moyens d’interception (reconnaissance faciale, biométrie…) qui permet une vérification rigoureuse des informations et des personnes.

D’où le besoin de revoir des modus operandi, en s’appuyant sur les ressources du cyberespace et en trouvant de nouvelles astuces qui puissent optimiser, dans la légalité et la légitimité, l’efficacité et l’opérabilité des services de renseignement.

Quel(s) rôle(s) du renseignement dans la préservation de la réputation du pays?

Agir avec beaucoup de tact sinon l’on risque autrement d’alimenter des sentiments extrêmes de haine parmi certains individus, incarcérés ou installés à l’étranger. Ce qui éviterait que le Maroc se place dans une situation désavantageuse par rapport à l’opinion publique internationale. A cet égard, notre pays devrait veiller que certains de ses citoyens ne deviennent pas des proies faciles de services secrets ou de médias de pays ennemis ou rivaux.

Il n’est pas nécessaire de les convaincre : ils n’ont pas besoin de partager le point de vue des autorités gouvernementales. Par contre, il serait fort opportun de procéder à la mise en œuvre d’une politique de retour au Maroc des citoyens jusque-là exilés à l’étranger et qui ne demandent, pour la plupart, qu’à être écoutés.

Cela ne signifie pas pour autant qu’ils puissent se permettre de porter atteinte aux fondements même du Royaume chérifien et à la sacralité de ses institutions.

De même, pour certaines personnes emprisonnées pour leurs agissements délictueux qui sont allées – et il faut le reconnaitre – au-delà des frontières de l’acceptable.

Les deux principales institutions de renseignement, à savoir la DGST et la DGED, se complètent et chacune peut être utile à l’autre à chaque fois que cela est nécessaire.

En vain, ne blâmons personne car la majorité d’entre elles sont de véritables patriotes et ignorent, le plus souvent, que leurs propos ou réactions peuvent porter préjudice à l’image du pays. Certes, trouver un consensus qui puisse satisfaire tout le monde serait une excellente initiative pour tous surtout que le Maroc est une grande nation qui sait pardonner les offenses et les erreurs. Le Marocain, instruit ou peu instruit, haut responsable ou modeste employé, homme ou femme, jeune ou vieux, riche ou pauvre, ignore totalement ce qu’est la rancœur et aime fougueusement SM le Roi Mohammed VI – que Dieu l’Assiste – et son pays. Il est aussi réputé pour son sens inné de tolérance et de convivialité, avec un grand cœur et une riche histoire.

N’offrons pas l’opportunité aux Etats malintentionnés de nuire ou de tenter de nuire à la bonne réputation du Maroc.

 

Par Lahrach Yassir

Docteur en droit/Expert en intelligence économique
Analyste en stratégie internationale/Auteur du concept d’intelligence diplomatique

 

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