Tribune libre : En trois années, Meloni a réussi à mettre l’Italie sur la trajectoire de la croissance. Aujourd’hui, l’économie italienne est parmi les plus performantes en Europe.
Pour illustrer le parcours d’une leader, quoi de plus parlant que celui de Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres d’Italie.
Ce que les études ont révélé
Depuis une vingtaine d’années, le cabinet américain McKinsey décortique le leadership féminin pour révéler ses subtilités. En 2018, il a publié les résultats de l’étude «Women Matter: la mixité, levier de performance de l’entreprise».
Selon cette étude, les entreprises, qui comptent des femmes dans leurs instances de gouvernance, se distinguent par une meilleure organisation, par une meilleure optimisation du capital financier et par une meilleure gestion du capital humain.
Pour illustrer
Le 22 octobre 2022, les urnes ont porté Meloni à la présidence du Conseil des ministres d’Italie. Elle est la première femme à occuper le poste. Son élection intervient après une longue période d’instabilité politique marquée par la succession de Premiers ministres à une cadence très rapide.
Les analystes les plus optimistes lui donnaient un passage de quelques semaines. Mais, la réalité dément ces pronostics. Sa popularité, sa longévité et son entrain forcent le respect. Les derniers sondages établissent sa popularité à 46%
Le «cas Meloni»
En trois années, Meloni a réussi à mettre l’Italie sur la trajectoire de la croissance. Aujourd’hui, l’économie italienne est parmi les plus performantes en Europe.
C’est un pays en marche. «L’Italie était une puissance européenne importante. Aujourd’hui, elle est en train de s’imposer face à une Allemagne, qui s’essouffle, et une France, qui se recherche» explique Alain Juillet, expert français en intelligence économique. Elle avance ses pions sur tous les niveaux: au sein de l’Italie et de l’UE et au niveau mondial.
Les chiffres parlent
A son arrivée, l’économie italienne présentait des signes d’essoufflement: surendettement, chômage, compétitivité en berne, immigration envahissante et déficit chronique.
L’Italie est dans le rouge depuis la crise économique de 2008. Après un léger mieux, la situation s’est aggravée avec la pandémie. Aujourd’hui, l’Italie est en train de gagner en croissance. Les pronostics tablent sur un taux de 1% en 2025.
L’Italie avait une dette colossale. Récemment, elle a été classée quatrième puissance exportatrice mondiale. Performance à mettre à l’actif des six millions d’entreprises italiennes qui ont fait montre d’une grande adaptabilité par la diversification de leurs produits et de leurs marchés. L’excédent de la balance commerciale va aider l’Italie à rembourser ses dettes. Le déficit budgétaire de l’Italie était de 8% avant son élection. Il était de 3,3%, en 2024.
Un leader laisse ses performances parler de lui.
Un leader a une vision
«Where there is a will, there is a way». Quand on connaît le cap, on trouvera facilement le chemin. Sinon, le moindre bouillard nous fera «perdre le Nord».
Au lendemain de son élection, Meloni a réuni sa task force pour traduire son discours électoral en actions concrètes que ce soit pour la nationalité, l’immigration, la famille, la politique étrangère.
Un leader sait tenir le gouvernail.
Courtiser les talents
Nombreux pronostiquaient qu’elle allait être lâchée par le patronat italien. Son premier coup d’éclat, selon A. Juillet, a été de nommer Mario Draghi, son prédécesseur, comme conseiller. Banquier de carrière, Draghi était l’ex-président de la Banque centrale européenne.
L’arrivée de ce grand ténor des finances dans son équipe a rassuré la classe économique, le patronat et les banques. «Si Draghi la conseille, il n’y a plus de problème» répéte-t-on en privé. L’arrivée de Draghi a rassuré les marchés à Bruxelles, à Londres, à Washington et à New York.
Un leader sait courtiser les talents.
Savoir déléguer
Depuis la nomination de M. Draghi, elle ne prend pas de décisions économiques sans le consulter. C’est lui le chef des affaires économiques. Elle, elle s’occupe du reste. Le tandem marche à merveille.
Un leader sait recruter les compétences qui lui manquent.









