Les entreprises EPC sont constamment sous pression pour livrer leurs projets à temps, dans le respect du budget, et selon des standards qui répondent aux attentes des investisseurs et opérateurs sur le long terme..

Le monde lance son plus grand programme d’infrastructures de Gaz Naturel Liquéfié («GNL») : des dizaines de grands projets sont en cours et plus de 90 milliards de dollars ont été investis à l’échelle mondiale.
Entre 2026 et 2028, les États-Unis, l’Australie et le Qatar devraient contribuer à faire croître fortement les capacités de GNL. Comme le souligne le PDG de Shell, Wael Sawan, le GNL va révolutionner l’industrie énergétique au cours de la prochaine décennie.
Les entreprises EPC sont constamment sous pression pour livrer leurs projets à temps, dans le respect du budget, et selon des standards qui répondent aux attentes des investisseurs et opérateurs sur le long terme. Dans le secteur du GNL, chaque retard se traduit par d’importantes pertes financières, car une usine de liquéfaction coûte jusqu’à 40 milliards de dollars et nécessite plusieurs années de construction. De nombreux projets sont encore gérés avec des outils dépassés. Le véritable problème ne réside donc pas dans les projets en tant que tels mais dans leur exécution.
La base de données : Un sujet clé
Les entreprises EPC et les opérateurs doivent travailler avec de nombreuses données provenant de capteurs, d’ingénierie, de rapports de maintenance et d’exploitation. Nombre de ces données sont souvent mal gérées et trop difficiles d’accès pour permettre d’extraire rapidement les informations opérationnelles utiles. Le rapport Deloitte 2026 Oil and Gas Outlook souligne un défi majeur : les entreprises doivent s’adapter à des politiques en constante évolution, à des coûts croissants, mais aussi à des opportunités émergentes dans le secteur du GNL et de la transformation numérique. Un tel contexte demande de l’agilité et de la réactivité. Utiliser une plateforme unique qui donne à tous une vue intégrée sur l’ensemble des actifs en temps réel semble être la seule solution pour résoudre ce problème organisationnel courant.
Un environnement de données unifié indique l’emplacement des données, qui y a accès et comment elles ont été traitées. Sans cela, ingénieurs et data scientists ne peuvent pas être efficaces car la qualité des modèles d’IA dépend avant tout de celle des données.
Le géant thaïlandais SCG Chemicals en fournit une illustration remarquable. Sa direction s’est fixé l’objectif de «zéro panne imprévue» – une ambition qui aurait semblé irréaliste sans la technologie adéquate.
En déployant une IA prescriptive sur une plateforme de données robuste, l’entreprise a porté la fiabilité de ses installations de 98% à 100% et obtenu un retour sur investissement multiplié par neuf en six mois. Ses équipes peuvent désormais prédire l’état des équipements, surveiller les performances en temps réel et assurer une optimisation continue – le tout depuis une plateforme unique.
Autre exemple : la société brésilienne AP Consultoria e Projetos a amélioré structurellement sa vitesse d’exécution grâce à la numérisation. Cette entreprise EPC pluridisciplinaire a adopté des plateformes d’ingénierie unifiées pour éliminer les goulots d’étranglement. En migrant les flux de travail d’ingénierie vers le cloud, elle a créé un environnement de données partagé où les équipes de génie civil, mécanique, tuyauterie et instrumentation peuvent travailler en parallèle plutôt qu’en séquence. La conception des supports de tuyauterie a été automatisée grâce à des modèles d’IA entraînés sur l’expertise historique de l’entreprise – réduisant de 90 % le temps d’analyse et de 60 % le temps de vérification des analyses de contraintes.
Une documentation optimisée, combinée à une réduction de la durée de vérification de conception et du nombre de corrections, réduit les délais entre la phase de conception, l’étape de préparation et la phase de construction.
La collaboration radicale, un modèle essentiel pour rester compétitif
Le rapport Deloitte 2026 souligne que cette année verra probablement les technologies d’IA « passer de phases pilotes à des déploiements à l’échelle dans les entreprises », à mesure que les sociétés capitaliseront sur leurs premiers succès. Les entreprises qui mènent cette transition partagent un point commun : elles ne sont pas prisonnières d’écosystèmes fournisseurs fermés. La collaboration radicale consiste à construire des plateformes ouvertes et agnostiques qui rassemblent les écosystèmes au lieu d’enfermer les clients. Il s’agit d’intégrer les données opérationnelles aux données d’entreprise – ERP, systèmes d’ingénierie, données géospatiales, météo – pour créer des modèles d’IA qui reflètent la complexité du monde réel. Ce processus consiste à relier les technologies opérationnelles (OT) aux technologies de l’information (IT) dans un cadre de gestion intégré. Les clients recherchent une grande flexibilité pour utiliser différents équipements, plateformes et systèmes, tout en s’assurant que leurs données restent protégées, contrôlées et adaptées à l’intelligence artificielle.
Pour les EPC, cela signifie que les données d’ingénierie produites pendant la construction ne se perdent pas lors de la livraison d’ouvrages. Cela signifie aussi que les équipes utilisent l’IA pour prendre de meilleures décisions, plus rapidement.
Un ingénieur de terrain peut poser la question : « Comment procéder à la maintenance de cet équipement ? » et recevoir une réponse provenant de manuels internes ou de bases de données conçues selon le référentiel de l’entreprise. Cette fonctionnalité existe déjà et révolutionne le quotidien des équipes responsables de la gestion des actifs.
Alors que le secteur approche d’une pénurie critique de main-d’œuvre qualifiée, l’IA permet aux opérateurs de maximiser leur productivité sans dépendre d’une expertise de plus en plus difficile à recruter et à retenir.
Une nouvelle opportunité
Selon les prévisions de l’AIE(Agence internationale de l’énergie), le commerce mondial de GNL devrait augmenter de 7 % d’ici 2026. Les différents projets progressent conformément aux attentes. Les entreprises EPC qui décrocheront la prochaine série de contrats de GNL seront celles capables de démontrer leur capacité à respecter les délais, la qualité de leur remise d’ouvrage, ainsi que leur capacité à fournir aux opérateurs des outils efficaces pour atteindre une exploitation optimale rapidement. L’intelligence industrielle, associée à une collaboration radicale, offre une solution tangible face au principal défi financier du secteur du GNL : réduire l’écart entre les attentes liées aux projets et les résultats finaux.









