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L’honneur du maillot… de l’ado au joueur !

L’honneur du maillot… de l’ado au joueur !

À l’heure où j’écris ces lignes notre équipe nationale poursuit son parcours au coeur de la CAN, et nous lui souhaitons -et nous souhaitons collectivement- le meilleur pour la suite.

Comme dans toutes les compétitions footballistiques, comme dans tous les pays, les critiques ne l’épargnent pas, chaque joueur est passé au crible, les choix du sélectionneur sont mis en cause, les tactiques disséquées… bref c’est la loi du genre et évidemment chaque supporter est en droit de donner son avis. Pour autant il nous faut collectivement et individuellement veiller à ne pas blesser, ne pas humilier : chacun de ces jeunes a un parcours -pour lequel il a consenti, lui et sa famille, de gros sacrifices – et a droit à notre respect voire nos sentiments fraternels, notre bienveillance. C’est le sujet de ma chronique, c’est de cet autre aspect que je souhaite vous parler : l’humain, la face personnelle de ces jeunes, ce côté intime dont on parle peu.

Je voudrais pour cela prendre en exemple le jeune Azzedine Ounahi, que j’ai connu tout gamin. Qu’ils s’appellent Ryan, Achraf, Badr, Abdessamad, Soufiane, Aymane, Samy… tous ont une histoire qui tient du conte de fées certes, mais dans laquelle il y a aussi beaucoup de talent, d’efforts, de sueur, de volonté… Il y a plusieurs années déjà, j’avais l’habitude d’organiser chaque été un camping, avec une dizaine d’associations de jeunes de Casablanca, réservé aux jeunes de familles modestes des quartiers populaires. Ce lieu estival sur la plage de Zenata, baptisé Camping Maillage, réunissait chaque jour plus d’une centaine de jeunes qui n’avaient pas la possibilité de partir en vacances, j’en garde de merveilleux souvenirs et chaque fois que je rencontre l’un des jeunes qui y participaient c’est l’occasion de se les remémorer.. Parmi ces jeunes, issus de Hay Lalla Meryem, plus particulièrement de ‘’Derb Cosmos’’, toute une bande de joyeux ados qui avaient créé entre eux l’association Bonanza : dynamiques, pleins de joie de vivre et surtout dotés d’un superbe esprit.

Un bijou au sein de toute cette équipe faisait déjà preuve de grandes qualités sportives et en émergeait : Azzedine Ounahi ! Quel bonheur aujourd’hui de le retrouver évoluant au sein de l’équipe nationale et disputant la CAN, lorsque je l’ai appris j’avoue que j’en ai été heureux et très ému. Je me souviens bien d’Azzedine alors encore gamin et tous ses amis Taoufik, Hamada, Younes, Yassine… le retrouver aujourd’hui portant avec fierté et amour le maillot national m’inspire beaucoup de joie. Comme tous les jeunes de son quartier, Azzedine est né d’une famille modeste, mais belle, chaleureuse, et dont les parents consentent beaucoup de sacrifices. La parcours qui a mené Azzedine de Hay Lalla Meryem au Cameroun pour y disputer la CAN sous les couleurs de notre pays fait bien évidemment rêver, j’en suis sûr, de nombreux ados, et s’il est vrai que ce genre de parcours est exemplaire il n’en est pas moins réel qu’il faut beaucoup d’acharnement pour y parvenir. Azzedine tous comme les autres jeunes joueurs de l’équipe nationale -qu’ils soient nés au Maroc ou à l’étrangerméritent notre admiration pour la volonté et l’endurance dont ils ont fait preuve pour atteindre le sommet.

De son quartier Azeddine a eu la chance de partir pour l’Académie Mohammed VI à Rabat, ce qui lui a valu de participer à un tournoi en Espagne avec l’équipe nationale des moins de 17 ans où il a été remarqué par les dirigeants de Strasbourg qui lui ont proposé un contrat de 2 ans. Au bout duquel il s’est mis en quête d’un club de 3ème division en ligue nationale, en France, imaginez la volonté et la patience qu’il lui a fallu, aujourd’hui Angers lui a proposé un contrat jusqu’en 2025. Tout cela ne s’est pas fait d’un claquement de doigt, il faut être animé d’une belle rage de vaincre pour effectuer ce chemin. Le coup de pouce du destin a pris pour lui les traits d’un ‘’grand frère’’ : la légende du football, Mustapha Hadji. Mouss connaît intimement ce parcours qui mène de l’ado au joueur chevronné, il en est l’exemple.

Si je vous raconte cette histoire c’est afin de rendre hommage à tous ces jeunes de l’équipe nationale dont nous ne voyons que le côté étincelant sur les pelouses, il ne s’agit nullement de sombrer dans le misérabilisme mais avant tout de mettre en lumière les qualités de ces jeunes qui sont les nôtres, des jeunes qui ne sont pas nés avec une cuillère d’argent dans la bouche et qui aujourd’hui nous font rêver. Et leur dire que nous les aimons!

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