Manque d’exemplarité, misère intellectuelle, démission collective… nos maux !

Manque d’exemplarité, misère intellectuelle, démission collective… nos maux !

Pour qu’une décision soit efficace, il faut que la population à laquelle elle est destinée se l’approprie. Ceci est tout aussi vérifiable en ce temps de pandémie, où visiblement la phase de déconfinement se passe mal.

Le gouvernement seul ne peut rien -d’autant plus que sa communication de crise est plutôt une crise de communication.
Or, le mouvement associatif, les jeunes, les militants sont sur le terrain : ils ont des idées, des propositions, de l’énergie, le contact direct avec la population (ce que devrait aussi savoir faire les élus, mais…), il faut les associer, en faire des partenaires, des acteurs du déconfinement.
La solution passe par une co-gestion !
L’expérience menée actuellement par le Wali de Marrakech-Safi et les jeunes de Safi, Essaouira, Marrakech pour sensibiliser la population et distribuer des masques, est en train de porter ses fruits.
Il est clair que, dans le Maroc d’après, cette nouvelle forme de collaboration jeunesse/autorités devra être le modèle.
Là encore je crois en la force de l’exemple !
Exemplarité donc, elle est aussi ce dont nos jeunes ont besoin : parlons des jeunes ‘’pilleurs’’ du souk aux moutons, à Casablanca, certains les décrivent comme des ‘’affamés’’ qui ont perdu le goût de la viande, d’autres les qualifient de racailles et les uns et les autres se répondent sur les réseaux sociaux.
Difficile visiblement de rapprocher les points de vue, alors pourquoi ne pas essayer de prendre les choses différemment et chercher ensemble les moyens pour combattre ces comportements…
Une précision : chercher à comprendre, ne signifie absolument pas excuser, car ce n’est pas excusable.
Partons plutôt d’une autre approche : et si ces jeunes – et ces moins jeunes, car des adultes étaient aussi acteurs de ce pillage – n’étaient ni des anges, ni des démons mais tout simplement les fruits de ce que nos sociétés ( car le Maroc n’est évidemment pas le seul pays en proie à ce fléau) engendrent aujourd’hui.
Se construire sur la base de valeurs, respecter le bien d’autrui, ne pas se cacher derrière (le faux prétexte) de la religion pour commettre des méfaits, éduquer, réprimer certes mais surtout prévenir…/…Et être exemplaires !!!!
Je le redis, c’est là -pour moi- que se trouve la clé : l’exemplarité !
Or, soyons francs, quels modèles leur offrons nous, à ces jeunes : à tous les niveaux de la société, notre quotidien est une immense course à L’ARNAQUE.
Je ne suis d’ailleurs pas d’accord lorsque l’on met ce vol de moutons uniquement sur le dos de la misère matérielle (que je ne nie évidemment pas, je la côtoie tous les jours), il est à mon avis bien plus à mettre sur le compte de la misère intellectuelle, la misère culturelle.
Notre société est fragile – ce qui, hélas, est devenue la règle générale à travers le Monde- la violence régit les rapports humains, les valeurs se sont inversées… Qui pour encadrer notre population, notre jeunesse, aujourd’hui ?
Ni partis politiques, ni syndicats, ni organisations, ni Maisons de Jeunes pour remplir ce rôle !!!
Tiens parlons-en des Maisons de Jeunes : le jeune qui a volé un mouton n’a-t-il pas vu, de ses yeux, le directeur de celle de son quartier voler une salle réservée en principe aux activités culturelles pour en faire une pièce supplémentaire de son appartement… Et sans que personne ne s’indigne là !
Pour autant, il est un autre piège à éviter : celui de croire que nous sommes tous pourris : les voleurs de moutons ne sont pas la majorité, j’ai la preuve sous les yeux -chaque jour- que les jeunes pétris de valeurs, désireux du bien commun, volontaires et honnêtes sont légions…
La réponse viendra d’un nombre -même restreint de personnes- qui s’évertueront à créer un cercle vertueux, et s’emploieront à tirer la population vers le haut… il est encore temps !

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