Nous nous félicitons bien souvent de notre diversité à juste titre, et la mettons en avant lorsqu’il s’agit de promouvoir notre modèle de «vivre ensemble» ou notre projet de société. Hélas il est aussi devenu nécessaire de défendre cette diversité face aux coups de boutoir que nous donnent les tenants du repli (pseudo) identitaire ou les racistes de tout poil, comme cela a été le cas lors de l’affaire de la professeur(e) antisémite d’Oujda.
Cette diversité que nous tenons de notre histoire, humaine, géographique, culturelle n’est pas due seulement au passé, elle est plus que jamais actuelle. En effet, il existe au moins deux catégories de Marocains que nous citons peu en tant que vecteurs de diversité et qui pourtant en sont des éléments moteurs et ô combien présents. Je veux parler des Marocains du monde, porteurs de pluralité et des Marocains de cœur semeurs et récepteurs de métissage.
Ces Marocains de cœur ce sont tous ces non détenteurs de nationalité marocaine, nés ou vivant depuis leur enfance sur la terre du Maroc et qui y sont viscéralement attachés, ce sont ces conjoint(e)s «étrangers» de Marocain(e)s, ce sont ces enfants issus des mariages mixtes… bref toute une population dynamique nous enrichissant de mille et une manières d’affluents vivifiants.
Quant aux Marocains d’ailleurs ce sont nos compatriotes partis vivre dans une autre contrée, ou bien nés ou ayant grandi dans un autre pays et qui, tous, ont gardé un lien précieux avec la terre d’origine, la terre des ancêtres : le Maroc ; à noter d’ailleurs la présence d’un grand nombre de Marocains de confession juive parmi eux. Tous ces Marocains d’ailleurs incarnent une grande partie de notre diversité, une partie visible de notre richesse humaine…leurs allers-retours entre les pays, entre les cultures, entre les langues, entre les modes de vie nous apportent un oxygène qui permet à notre atmosphère de sans cesse se vivifier, se régénérer.
Or force est de constater que les Marocains du Royaume, notamment les jeunes, connaissent mal ces compatriotes d’ailleurs : ayant la chance d’avoir pleinement vécu dans les 2 communautés je le ressens particulièrement. Ayant participé la semaine dernière à la 1ère séance de «street cinéma» de Marocains Pluriels juniors où était projeté le film «Train d’enfer» relatant une tranche de vie des Marocains de France j’ai pu mesurer à quel point les jeunes Marocains d’ici peuvent s’enrichir de l’expérience des jeunes Marocains d’ailleurs et combien il serait nécessaire de favoriser une meilleure connaissance, de multiplier les occasions de rencontres entre ces jeunes Marocains à la fois différents mais si semblables.
A nous Marocains du Royaume d’ouvrir les bras, les cœurs, les esprits à ces Marocains du monde qui reviennent à intervalles réguliers et font souffler un air porteur d’ondes nouvelles et à nous de regarder avec les yeux de l’amour ces Marocains de cœur qui vivent avec nous, ici, au quotidien et que parfois nous connaissons si mal… Aux Marocains d’ailleurs, aux Marocains de cœur de contribuer à construire avec nous cette société plurielle qui saura résister aux démons de la xénophobie et du repli.










