Chroniques

Mieux vaut en rire: Aimer un peu, c’est déjà beaucoup…

© D.R

Je ne sais pas ce que j’ai ce matin, mais j’ai une folle envie de vous parler d’amour. En fait, c’est sûrement parce que la parution de cette chronique coïncide avec la Saint-Valentin, la fête des amoureux. Cette fête d’origine païenne, c’est-à-dire bien avant que les religions n’aient décidé de mettre leur nez dans les histoires de cœur et de corps, a mis beaucoup de temps avant d’arriver chez nous.

Je ne dis pas qu’avant, on ne s’aimait pas, mais on ne le montrait pas beaucoup. Il faut dire que même aujourd’hui, on ne le crie pas sur les toits, mais il y a quelques chuchotements. Si on a toujours eu un mal fou à exprimer son amour pour son prochain ou sa prochaine et parfois même juste à aimer, c’est à cause du poids énorme de l’éducation et de son emprise sur la gestion de nos sentiments et en particulier le plus sympathique de tous, à savoir l’amour.

J’ai l’impression que nos sociétés non seulement n’aiment pas l’amour, mais n’aiment pas non plus ceux et celles qui aiment. Je crois que si elles n’aiment pas l’amour, c’est parce qu’ils en ont peur. Ce n’est pas uniquement une question de pudeur excessive ou de timidité maladive, mais un problème réel de répression et d’auto-répression qui nous ont été imposées par ceux qui nous élèvent et ceux qui nous commandent. Les uns et les autres se sont alliés depuis des siècles pour faire de l’amour le mal à fuir et l’ennemi à détruire. Aimez-vous les uns les autres, comme disait l’autre, mais juste pour procréer. Si vous voulez aimer, mariez-vous et aimez-vous chez vous, entre vous, ni vu ni connu.

Vivons amoureux, vivons cachés. Trêve de plaisanterie. Franchement, pourquoi on ne veut pas nous laisser nous aimer comme ça nous chante? Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer en quoi un homme qui tient sa femme, ou pas sa femme, par la taille et qui se promène sur un boulevard, dérange la communauté ou la société? Pourquoi bon sang une femme n’a pas le droit d’embrasser son mari, ou pas son mari, dans la rue si elle en a envie, et pourquoi on n’a même pas le droit de le montrer dans nos images ?

C’est quoi cette aberration qui accepte sans le moindre problème de conscience de nous bombarder de photos, de reportages, de films et autres qui nous agressent à longueur de journées avec leur trop plein de violences, de tueries et de sang, et qu’on crie à l’hystérie, au satanisme, voire à l’athéisme dès lors qu’on voit la main d’un jeune garçon toucher à peine celle d’une jeune fille? Car si la mauvaise idée leur vient d’aller un peu plus loin, l’alarme sera aussitôt déclenchée et on les poussera à aller cacher dans des cachots séparés leurs amours interdits. Alors, vivement qu’on se prenne en main et qu’on revendique le droit de tous et de toutes de s’aimer librement sans crainte et sans contrainte. Non, je ne prône pas le droit à l’amour libre, mais je revendique celui d’aimer et d’être aimé sans pudeur et sans tuteur.

Si cette année, le 14 février tombe un vendredi, c’est peut-être pour narguer les adeptes de la «sacritude» de tout, partout et toujours, et les ennemis de l’amour, tous ces gens qui n’aiment qu’eux-mêmes et encore quand il n’y a personne qui les voient s’aimer. Alors, vous qui êtes fiers d’aimer, et vous qui êtes heureuses d’être aimées, et vice-versa, montrez à tous ces combattants de la haine qu’il n’y a plus beau que l’amour et pas plus joli que de le montrer.

Allez acheter des roses et des cadeaux et offrez-les à celles et à ceux que vous aimez, et surtout, surtout, dites-leur, et en le criant s’il le faut, que vous les aimez même si c’est juste un peu, ou bien beaucoup, et encore mieux, si c’est à la folie. Alors, puisque vous savez ce qu’il vous reste à faire, je n’ai plus à souhaiter à tous les amoureux et à toutes les amoureuses, une très bonne fête de Saint-Valentin et un très  bon week-end. Quant aux autres…
Un dernier petit mot pour rigoler : quand on cherche les poux chez les autres, on finit par en attraper.