Chroniques

Mieux vaut en rire : Ennemis d hier, amoureux de demain…

© D.R

Il y a quelques mois, et en pleine période de crêpage de chignons entre certains faucons du PJD et certains représentants de la colombe du RNI, j’avais parié avec un ami plus ou moins proche de ce dernier parti, que je ne serais pas étonné de les voir de nouveau unis pour le meilleur et pour le rire.

Eh bien, comme lui, vous devez reconnaître vous aussi, que je ne croyais pas si bien dire. Non, non, je ne suis ni un visionnaire ni un devin, mais je crois que je dois avoir une espèce de 6ème sens absolument insensé qui fait que je sens de très loin les coups fourrés, du moins dans le rayon politique.

Parce que, voyez-vous, en dehors de ce terrain pourtant si incertain, que je froisse à longueur de colonnes et qui me le rend bien, je me goure sur tout et partout ailleurs. Cela étant dit, je ne voudrais pas que vous compreniez que je ne serais pas d’accord avec ce nouveau flirt entre des gens qui ont toujours été copains comme cochons, et c’est le moins qu’on puisse dire. Personnellement, j’adore les réconciliations, surtout celles qui surviennent  après des disputes tumultueuses sur des histoires fumeuses. Rappelez-vous ces attaques frontales sur ce qui avait été appelé «les surprimes scandaleuses» et qui avaient été dénoncées par de multiples voix sonores et vertueuses et relayées par certaines feuilles vitriolées et plumeuses…

Qu’est-ce qu’on va garder de tout ça ? Rien ou pas grand-chose. Vous savez, la vie politique, c’est comme les couples. Avant de se marier, on est aveugles, et on voit tout en rose…

Quand on se marie, on commence à voir plus clair les défauts de l’autre et on les énumère… Alors, une fois sur deux, on décide de se quitter pour mieux… continuer la guerre… Mais, ce n’est jamais fini. Les couples sont souvent obtus et toujours têtus. Têtus et amnésiques. Soit ils se remarient de nouveau en répétant à qui veut l’entendre le délicieux adage «3afa Allahou 3amma salaf» (Dieu pardonne tout ce qui a précédé) et repartent comme en 14, soit ils redeviennent tout simplement des amants. Mais en cachette. Ce n’est pas très légal ni très moral, mais dans un couple, comme en politique, on fait parfois fi de la loi et même de la foi… tant que c’est pour la bonne cause.

Tout cela pour vous dire que même si j’ai dit tout ça, ce n’est pas pour vous dire que je ne cautionne pas ce qui est en train de se dérouler devant nos yeux ébahis et qui en ont vu d’autres, mais, bien au contraire, je trouve que c’est super. Parce que je vais me marrer. NOUS allons tous et toutes nous marrer. Nous allons vraiment nous amuser, c’est moi qui vous le dis. Et à l’œil, en plus. Enfin, pas tout-à-fait parce que tout ça a un prix. Un jour ou l’autre, on va passer à la caisse.

Mais qu’importe! C’est vrai que, comme partout, c’est toujours le pauvre contribuable qui n’a pas de quoi payer, qui paye, mais ce n’est pas grave… Après tout, quand il s’agit de fêter une union, fût-elle sacrément paradoxale, on ne doit pas être très regardants sur les comptes puisque, après tout, c’est le spectacle qui compte. D’ailleurs,  ça n’a pas encore tout-à-fait commencé car nous sommes à peine aux démarches d‘approche. Ils se sont, paraît-il, promis de se dire bientôt «oui», mais quand viendra le temps des sièges et des noms, là, je ne vous dirais pas les dégâts… Bon, je ne vais pas gâcher votre plaisir et le mien, et je vais maintenant m’asseoir et attendre pour voir.  Et que le spectacle commence !

Vive l’amnésie, vive l’amour et vive les (nouveaux) mariés ! Et bon week-end à tous les spectateurs et à toutes les spectatrices…

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