Mieux vaut en rire: Et si les leaders n’existaient pas…

Mieux vaut en rire: Et si les leaders n’existaient pas…

Depuis quelques semaines, nous assistons à un début de débat initié par l’actualité et que je trouve personnellement pas assez poussé car volontairement ou involontairement étouffé.

Vous savez, c’est un peu comme quand on était petits et qu’on voulait dire des choses que les grands n’aimaient pas qu’on dise. Ils nous mettaient alors la main sur la bouche, mais on arrivait quand même à sortir quelques bribes de mots dont on pouvait deviner parfois le sens même si comme c’était souvent incomplet…

Alors, la plupart du temps, on passait à autre chose et tout le monde oubliait de quoi on voulait parler. Si je vous parle de ça aujourd’hui, c’est à cause de deux événements qui, à première vue, n’ont pas de rapport entre eux, mais dès qu’on gratte un peu, c’est la même tragique problématique qui émerge et l’unique interrogation métaphysique qui surgit: «S’il n’est plus là, QUI va le remplacer?».

Bon Dieu ! Qu’est-ce qu’on est fragiles et qu’est-ce qu’on est malheureux ! Un être vous manque, ou juste pourrait théoriquement vous manquer, et c’est le vide absolu qui menace jusqu’à votre existence. Comment pourrais-je vivre sans LUI ? Y a-t-il une vie après LUI ? Ce n’est pas possible ! C’est LUI ou le NÉANT.

C’est comme si LUI – qui d’ailleurs est rarement ELLE – a été créé en pièce unique par le Grand Éternel. Revenons à nos événements. Le premier, c’est le congrès que deux partis nationaux et accessoirement gouvernementaux s’apprêtent à organiser, bien entendu, chacun de son côté. Et alors ? Me diriez-vous. Et bien alors, le début du débat dont je vous parlais tantôt pose à peine, et encore avec beaucoup de peine, le si normal problème de la succession et la fameuse question : « «S’il n’est plus là, QUI va le remplacer ?». Moi, si un jour on me posait cette question sans sens, je répondrais par une autre question encore plus insensée : «Et si LUI n’avait jamais existé, est-ce que le monde aurait existé ?».

Mais arrêtez de nous prendre pour de perpétuels gamins incapables de vivre sans notre nounou. Un leader ou même un «zaïm», quel qu’il soit, et aussi charismatique et génial qu’il soit, n’est, après tout, qu’un être humain qui a eu un début et qui aura tôt ou tard une fin. Alors, quand il ne sera plus là, qu’est-ce qu’on fait ? On ferme boutique et on se fait tous harakiri ?!? Mais arrêtez donc ! Avant lui, il y a eu des comme lui et même sans doute des mieux que lui.

Et, après lui, il y aura peut-être des moins bien que lui, et il y aura peut-être aussi de bien meilleurs que lui. Et puis, le renouvellement des dirigeants, ça fait partie des règles élémentaires de la démocratie. D’ailleurs, ça me ramène à l’autre événement qui n’a rien à savoir, quoique… Il s’agit du départ annoncé indirectement par un appel à candidatures pour le remplacement du directeur du Centre cinématographique marocain.

Depuis que la nouvelle est tombée comme un couperet sur le cou de tous ses prétendus copains et désormais orphelins, ils n’ont pas arrêté de râler et même parfois de chialer alors que, à ce que sache, ce n’est pas encore, loin s’en faut, le début du générique de fin de notre cinéma national, ni encore moins du cinéma mondial. Notre ami Noureddine Sail, tout immense cinéphile et gigantesque professionnel qu’il est, a sûrement beaucoup d’atouts et tout et tout, mais il a parfaitement le droit d’arrêter quand il veut, peut-être pour voir d’autres films.

Après tout, c’est sa vie, et il a le droit d’en faire ce qu’il veut. Ensuite, ne voudrait-il pas partir – ce que je ne crois pas une seconde – la loi et le droit l’obligent à laisser sa place à un autre – ou, pourquoi pas, à une autre – qui ont tout-à-fait le même droit que lui. Et oui ; ça aussi, c’est la démocratie.  

En attendant de connaître qui seront les nouveaux prétendants, je souhaite à toutes les bonnes partantes et à tous les bons partants un très bon week-end et une très belle vie. Quant aux autres…

Un dernier mot sous forme de devinette pour rigoler un peu : si les rigolos n’ont plus le droit de jouer aux guignols, c’est pour quand l’interdiction de raconter des blagues ?

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