Mieux vaut en rire: Nador ouvre un œil et les démons se réveillent

Mieux vaut en rire: Nador ouvre un œil et les démons se réveillent

Qui connaît Nador ? Qui a déjà visité Nador ? Qui sait comment vivent les gens de Nador ? Qui sait de quoi vivent-ils et à quoi rêvent-ils ?

Je ne suis pas en train de vous passer un test de culture générale, mais je voudrais juste vous dire que si on parle un peu beaucoup trop ces derniers temps de cette ville magnifique, ce n’est pas forcément pour de bonnes raisons. Et je m’en vais de ce pas vous le démontrer. C’est la 4ème fois que je me trouve dans cette superbe ville pleine de charme et de mystère.

Les deux premières fois, il y a longtemps d’ailleurs, c’était pour de brefs passages, et c’est la 2ème fois consécutive que j’y passe un séjour relativement long. En fait, j’ai le plaisir de me trouver à Nador car se déroule actuellement un évènement de grande envergure, à savoir le «Festival International de Cinéma et Mémoire Commune». Cette année, la 3ème édition se tient sous le thème énorme de «La Méditerranée en questions».

Mais, au lieu d’applaudir et de soutenir cette pertinente initiative qui permet à la ville et à sa très sympathique population de s’ouvrir sur le monde extérieur à commencer par ses propres concitoyens venus du Sud et de l’Ouest, certains mauvais plaisantins s’évertuent à orienter l’attention vers des sujets autant vicieux que pernicieux. D’ailleurs, cela a commencé, comme par hasard, quelques jours avant l’ouverture du Festival avec une campagne démagogique dirigée presque personnellement et exclusivement contre l’instigateur et l’organisateur de cette manifestation. Et puis, aussitôt après, l’attaque a pris une nouvelle trajectoire qui se voulait «foncièrement patriotique» et qui a connu son apogée lors de la cérémonie d’ouverture. Alors que les invités venus de plusieurs coins du monde s’apprêtaient à pénétrer dans le lieu de la cérémonie, qui n’est autre que la salle polyvalente du complexe culturel de la ville – parce que, voyez-vous, il n’y a plus une seule salle de cinéma à Nador, et ça, c’est un des vrais problèmes à discuter – ils furent accueillis à coups de slogans creux et inadaptés comme «Non au festival de la trahison», «A bas le sionisme ! Vive le Sahara marocain» et autres niaiseries du même genre.

Mais le clou de ces clowneries, c’est quand un personnage tout de rouge vêtu est monté sur scène drapé du drapeau marocain et a commencé à faire les 100 pas en se dandinant de gauche à droite et en criant à qui ne voulait pas l’entendre qu’il est là, je cite, «en tant que citoyen qui veut exprimer son attachement à la patrie comme le lui permet la nouvelle constitution».

Toujours est-il, le dandinement de ce mec, qui a une bouille triste mais sympa, a retardé la cérémonie de près d’une heure. Mais le meilleur, c’est que, quelques minutes après, il revient sur scène tout confus et tout sourire, main dans la main avec le directeur, pour s’excuser pour l’incident et pour avouer qu’il avait, lui et ses amis, «mal compris». Allez comprendre quelque chose! Essayez également de comprendre pourquoi certains ténors de notre politique nationale se sont emparés de cette stupide fausse affaire pour tomber à bras raccourcis les uns sur les autres.

En tout cas, moi, j’ai compris beaucoup de choses que je ne pourrais pas, et pour plusieurs raisons, vous relater ici, mais je vais vous donner un scoop que vous ne pouvez pas imaginer: le sympathique «homme au drapeau» n’est autre que le chef d’orchestre de la fameuse campagne qui avait fait connaître Nador à travers le monde entier: «le bisou des 2 ados».

Alors, vous avez pigé maintenant ou je vous fais un buzz ? En attendant, quand le festival sera clôturé samedi soir, la magnifique Nador et ses chaleureux habitants risquent d’être de nouveau oubliés. A moins que, à Dieu ne plaise, les démons bien-pensants de la ville et d’ailleurs ne lui trouvent un nouveau faux scandale.

Très bon week-end à tous les Nadoris et à tous ceux qui les aiment. Quant aux autres…
Un dernier mot sous forme de devinette pour rigoler un peu : y a t-il un rapport entre le lancement du vin sans alcool et celui de l’alcootest ?

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