Mieux vaut en rire : Nantis de tout le pays, applaudissez-vous !

Mieux vaut en rire : Nantis de tout le pays,  applaudissez-vous !

Patrons, patronnes, exploiteurs, exploiteuses, bourgeois, bourgeoises, profiteurs, profiteuses, bons vivants, bonnes vivantes, jouisseurs, jouisseuses, épicuriens, épicuriennes, vous pouvez continuer de vous enrichir tranquilles, la révolution n’est pas pour aujourd’hui. Ni même pour demain. Le peuple et son avant-garde le prolétariat sont heureux comme tout. Le gouvernement a bossé pour vous et a fait du bon boulot. On aura beau dire ce qu’on veut, mais il est vraiment fort. Il faut dire que ça n’a pas été fastoche. Jusqu’à la dernière minute, on avait craint le pire. Le patronat ne voulait pas parler à l’exécutif qui refusait de s’asseoir avec  les syndicats et réciproquement. Et ça a duré depuis… attendez… voilà, je me rappelle… depuis le dernier 1er mai. Non, pas celui d’hier, celui de l’année dernière.

C’est la même chose, tous les ans. Et avec tous les gouvernements. On s’engueule tout au long de l’année, on s’accuse de tous les maux de la terre, on se traite de tous les noms de volatiles et d’invertébrés, et, comme par miracle, dès que le 1er mai commence à s’approcher, on se refait quelques reproches, on se raconte ses petits soucis de sous, on se montre ses dessous, on s’émeut et parfois même on chiale un peu, puis on s’essuie ses larmes réciproques, et on redevient potes comme si de rien n’était. Tout ça fait partie de nos fameuses spécificités.  Mais, cette année, ce qui a été fait par notre si injustement critiqué gouvernement dépasse tout entendement. Alors que les classes laborieuses criaient leur ras-le-bol à travers les syndicats, leurs porte-parole, les patrons, eux, et les patronnes, elles, faisaient la sourde oreille et essayaient d’expliquer à tous ceux qui voulaient bien les entendre qu’au fond, si on y regarde bien, ils et elles ne sont pas si riches que ça. Le gouvernement, quant à lui, n’étant pas patron, regardait ailleurs.

Tout ça fonctionnait plutôt bien jusqu’au jour, il n’y a pas si longtemps, les centrales syndicales, et plus exactement les 3 plus grandes d’entre elles (quand je dis «grandes», c’est plutôt relatif et chétif), avec à leur tête de cortège, leurs toujours moustachus dirigeants, décident de sortir dans la rue, oui, mesdames et messieurs, dans la rue, pour dire aussi haut et fort qu’ils peuvent, qu’ils n’en peuvent plus. Et comme je les comprends ! La plupart d’entre eux devraient être dans des maisons de repos en train de jouer aux dames ou aux mots croisés pour les plus érudits d’entre eux, en attendant le repos dernier. Alors, disais-je, ils ont crié si haut et si fort qu’ils ont fini par se faire entendre. Et le miracle eut lieu, mais il fallait l’attendre jusqu’au dernier jour d’avril. Vraiment, ça ne tenait plus qu’à un fil.

Et ce miracle est arrivé sous forme de cadeau du gouvernement. C’est vrai que ça ne lui arrive pas souvent de faire des cadeaux, et même cette fois encore, ce n’est pas lui qui l’a payé. Eh oui, ce sont les patrons, encore eux, qui ont reçu la facture alors qu’ils ne sont même pas d’accord. Ils sont malheureux comme tout. Et comme je les comprends ! 10 % d’augmentation du SMIG ! Oui, ça va se faire sur 2 ans – comme les emprunts pour les moutons – mais c’est quand même 10 % ! Imaginez qu’à partir de juillet prochain, certains vont gagner 115 DH de plus, et un an plus tard, 115 autres DH, soit 230 DH au total ! Et par mois, mesdames et messieurs ! Mais, c’est Byzance ! Vous savez ce qu’on pourrait faire avec toute cette somme ? Je vais vous le dire. Même si, hélas, je ne suis pas du tout concerné par ce joli cadeau, personnellement, je pourrais m’offrir avec, par exemple, un bon cigare Cohiba ou Monte-Cristo, mais pas trop gros pour ne pas trop fâcher mon cardio. Comment ? C’est tout ? Mais vous voulez la révolution ou quoi? Et bien, pas moi ! Moi, ça me suffit laaaaargement.

En attendant des jours encore meilleurs, je souhaite à tous les prolétaires et à tous les damnés de la terre un très bon weekend de repos et une très bonne fête de… rien du tout. Quant aux autres….
Un dernier mot sous forme de devinette pour rigoler un peu : qui sera le prochain nouvel entraîneur de la sélection nationale de foot qui sera renvoyé quelques semaines après ?

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