Notre jeunesse s’entre-tue…

Notre jeunesse s’entre-tue…

La semaine dernière le jeune Mohamed, âgé de 15 ans, a été tué sur le chemin de son domicile, après l’école, car il a refusé de remettre son portable à son agresseur.

Son assassin est âgé de 20 ans !
Mesure-t-on le degré de décrépitude dans lequel sombre notre société ? Bien sûr on peut se dire que cela est vrai dans la plupart des pays, mais cela ne peut servir de quelconque justification : nous ne pouvons nous résoudre à ce que notre Maroc voie sa jeunesse s’entre-tuer sans (ré)agir.
Ce n’est évidemment pas la première fois que des jeunes prennent la vie d’autres jeunes, le hooliganisme a tué, la délinquance a tué, l’autodestruction d’une partie de notre jeunesse passe aussi par la drogue, le suicide, l’émigration clandestine… mais précisément jusqu’à quand nous contenterons-nous de nous insurger, de nous émouvoir puis d’attendre un autre cas aussi dramatique pour à nouveau le mettre sur la table ?

La question est : que faisons-nous maintenant, laissons-nous notre jeunesse se détruire, restons-nous les larmes aux yeux et les bras croisés ou bien agissons-nous ?
Nous ne pouvons laisser la police seule répondre à cette situation, car à la nécessaire répression doivent s’ajouter -et précéder- la prévention, l’éducation, la transmission. Plus personne ne remplit ce rôle : ni la famille, ni l’école, ni les organismes de jeunesse…

Alors bien sûr la clé de l’insertion sociale par excellence passe par l’emploi, par une situation socio-économique digne et stable, mais cela ne peut dépendre du secteur associatif, le rôle de la société civile est un rôle d’accompagnement, un rôle de formation de la personnalité, d’éducation et d’apprentissage à la vie en société…

Or le contre-exemple à cette jeunesse qui s’auto-détruit existe, la preuve que notre jeunesse est capable du meilleur est là, palpable -et la période difficile que nous vivons du fait de la pandémie, nous le montre avec encore plus de pertinence. Encore une fois il faut le souligner, l’immense majorité de notre jeunesse est pétrie du désir de réussir, de vivre décemment, d’être un atout pour notre pays !
L’exemple des jeunes engagés dans le mouvement associatif, conscients de leur rôle et de leur importance, solidaires, patriotes, courageux… constitue la démonstration concrète que nos jeunes sont le meilleur de nos atouts lorsqu’ils sont acteurs, lorsqu’on leur fait confiance, lorsqu’ils accèdent à des responsabilités… l’exact contre-pied de ce jeune de 20 ans qui a tué un autre jeune de 15 ans.
Quel meilleur signe que les solutions existent, qu’elles sont là et qu’il est temps de s’en inspirer.

Attendre que la situation de l’emploi comble les besoins de ces milliers de nos jeunes qui sont en errance est utopique -ou du moins pas réalisable sur le court terme- alors nous devons agir sur les domaines où nous avons un «pouvoir», une marge de manœuvre et donner à notre jeunesse de quoi nourrir son esprit, sa personnalité… lui offrir des garde-fous, des valeurs, un cadre où s’épanouir.
Avec les jeunes militants associatifs engagés sur le terrain, nous avons fait -il y a quelques semaines- une série de propositions dont :

– des médiateurs de quartiers
– la renaissance des maisons de jeunes confiées en co-gestion aux jeunes eux-mêmes
– la mise à disposition – au profit des associations de jeunes- des espaces de récréation des écoles, collèges, lycées… lors des week-ends et des vacances scolaires
-l’accès à la culture
– la formation d’éducateurs et travailleurs sociaux, etc.
Essayons, car ne rien faire nous conduira dans le mur !

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