Chroniques

Paroles de jeunes, paroles d’aînés…

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Interpellations
Agir par, pour et avec la jeunesse est sûrement ce qui nécessite le plus de bonne foi, de sincérité, d’engagement mais aussi de patience, d’endurance et de volonté.

5 jeunes acteurs engagés, enthousiastes, dynamiques :
– Zakaria Gamra, Association Oxyjeunes
– Walid Reddani, Epik Leders
– Zakaria Kwyasse, Eu Jeel Connect
– Oumaima El Mansouri, ingénieure
– Othmane El Bouzidi, Casa’United3
3 intervenants aînés respectés, eux aussi engagés, disponibles :
– Sanaa El Filali, vice-doyenne Faculté des sciences Ben M’Sick, membre Sciens des données, technologies intelligentes et cybersécurité.
– Mehdi Grini : Directeur en Multinationale, président Hope Emploi/créer des ponts entre talents, éducation et emploi.
– Lamia Haddou : Présidente de la Fondation Data Equality Consulting / aide aux jeunes en encourageant la créativité (arts numériques, urbains, artisanat…). Un public nombreux pluriel, générations mêlées, enseignants, acteurs associatifs, étudiant(e)s, jeunes travailleurs, jeunes sans emplois, militants de terrain…
Un espace idéal : la Sqala de Casablanca, à propos de laquelle il faut saluer la générosité et le sens de l’accueil du patron Aziz Chabine et de son équipe qui gratifient chaque édition des Dialogues Pluriels d’une pause «chfenjs et thé». Bref toutes les conditions d’une rencontre de qualité, et effectivement elle a dépassé toutes les attentes.
Ceux qui ne sont pas au contact quotidien avec les jeunes, qui ne sont pas dans l’action avec eux, qui ne cherchent pas à les motiver, leur donner des clés, dans le respect, dans un esprit d’égalité, ne comprendront peut-être pas ce qui s’est passé lors de cette soirée et ce que je vais dire ici. Je l’affirme sincèrement, agir par, pour et avec la jeunesse est sûrement ce qui nécessite le plus de bonne foi, de sincérité, d’engagement mais aussi de patience, d’endurance et de volonté.
La jeunesse est, je pense, «le chantier» – dans le sens noble du terme- le plus difficile mais aussi le plus exaltant.
Ce jeudi 4 juin se tenait donc la 2ème édition des Dialogues Pluriels, organisée par les associations Marocains Pluriels, La Sqala et les jeunes de Oxyjeunes, dont le thème était : «Notre jeunesse, ses attentes, ses espoirs, ses rêves… face à ses aînés. Et ainsi que l’a souligné un jeune intervenant, il ne s’agissait pas d’un face-à-face mais plutôt d’un côte-à-côte. Les interpellations des jeunes ont bien évidemment porté sur des problèmes récurrents et que nul ne peut ignorer :
– La formation non adaptée aux demandes d’emploi
– Le manque de contacts (hors aspect administratif contraignant) avec des structures telles l’OFPPT ou l’Anapec, qui doivent par exemple apprendre à organiser des campagnes d’information dans les quartiers, dans les communes.
– Le manque d’intérêt des politiques et des élus pour la jeunesse, hors période électorale.
– La difficulté pour les jeunes d’accéder aux loisirs : Exemple des terrains de sport de proximité victimes bien souvent d’un vrai système de racket. Exemple du manque de studios de répétition accessibles pour les jeunes musiciens ou danseurs (hormis le Boul’tek et la Fondation Hiba…)
D’autres interpellations ont été exprimées que l’on a peut-être moins l’habitude d’entendre dans la bouche de nos jeunes :
– L’incapacité de notre pays à communiquer, non seulement en interne (et en particulier avec notre jeunesse) mais également à l’international (exemple flagrant du scandale de la finale de la CAN).
– Le manque d’accompagnement par nos grandes entreprises des associations de jeunes et des événements à fort impact.
– Le manque de réponses de nos administrations, de nos ministères aux courriers qui leur sont adressés, vécu comme du mépris. La différence de traitement entre les décisions prises au plus haut niveau, restant sans application sur le terrain…
Je pourrais continuer ainsi durant des heures, la vidéo complète de cette 2ème édition des Dialogues Pluriels sera postée sur les réseaux sociaux dans quelques jours. Chapeau à nos intervenants qui ont su répondre avec intelligence et sensibilité à ces alertes sans concession.
En fait celui qui a le mieux résumé ce Dialogue est un ami de Mehdi Grini, lui disant qu’il avait accueilli très positivement cette approche, sous forme d’échange sans protocole, sans langue de bois, que cela changeait complètement du «mode normal» et que là résidait notre avantage. Sûrement la plus belle reconnaissance de cet esprit que nous souhaitions instaurer. Restez connectés, deux sujets cruciaux sont en préparation : la jeunesse et les élections sur proposition de Mehdi Grini et bien évidemment un thème pour moi primordial, la culture !