Chroniques

Périscope : Escalade

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Sharon cherche toujours à entraîner la Syrie dans sa confrontation avec les palestiniens. Il réaffirme vouloir frapper partout et par tous les moyens, fort du soutien renouvelé de l’Administration Bush. Parallèlement, il vient de faire publier une carte du «réseau terroriste dans la région de Damas», ce qui veut dire qu’il compte poursuivre sa politique d’assassinats de dirigeants palestiniens en lui donnant une dimension internationale. Sharon croit-il vraiment faire peur à des militants qui sont disposés à mourir pour leur cause ? Il se trompe totalement, car, en fait, ces militants soutiennent qu’ils sont morts depuis l’annexion de la Palestine par Israël et rien ne leur fait aujourd’hui peur. La tension demeure donc vive et les risques d’embrasement général biens réels tant qu’Israël continuerait de s’emmurer dans l’intransigeance et la surenchère. Le Proche-Orient glisse inéluctablement dans une guerre qui émaille son histoire depuis un demi-siècle. Trois ans après le début de l’Intifada d’Al-Aqsa, dix ans après les espoirs aujourd’hui déçus du processus de paix d’Oslo, l’impasse est totale entre Israël et ses voisins dont les positions se radicalisent. Au-delà de cette conjoncture tragique, des questions majeures pèsent sur le cours des évènements. Le conflit du Proche-Orient s’inscrit dans une problématique très large, car il s’articule autours de questions essentielles pour tous les peuples de la région. Des facteurs régionaux qui se greffent sur le conflit israélo-palestinien qui se prolonge à l’infini et qui viennent mettre à nu les régimes les plus fragiles et les moins structurés de la région. Tout peut être remis en cause à tout moment, comme nous venons de le constater à travers l’escalade israélo-syro-libanaise. Cette instabilité influe directement sur le processus des négociations de paix. Même si la pax americana et la « feuille de route » fournissent une direction au règlement juste et durable du conflit. Le dérapage réside dans les dégâts collatéraux qui font dérailler régulièrement le processus, dès son déclenchement. Israël, dans son environnement géopolitique, est une île dans l’océan arabe. Il doit se faire une raison, s’en accommoder et faire les concessions que ce réalisme devrait entraîner. C’est ce qui va jouer un rôle déterminant pour freiner à la fois le processus de paix ou l’accélérer, le paralyser ou le rendre urgemment nécessaire, indispensable.

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