Il nous faut non seulement repenser toute notre communication mais puisque nous sommes dorénavant entrés dans l’ère de la cyberguerre, il nous faut nous donner les moyens et les hommes non seulement pour lutter mais aussi pour anticiper.
Il ne s’agit pas de tomber dans le complotisme mais il ne s’agit pas non plus d’être naïfs, et si de tout temps nous avons eu des ennemis, le Web a totalement transformé la donne.
A priori on peut se demander ce qu’il y a de commun entre la CAN, la Fête du Trône, la Coupe du monde, la Fête de la Jeunesse à venir… Et bien ce sont tout simplement des occasions particulières où le Maroc brille, où notre unité est mise en avant et où le monde nous regarde, et ce sont bien évidemment des moments où nos adversaires, les envieux, nos ennemis, enragent et cherchent à nous atteindre.
Regardons les choses en face : la finale de la CAN a été sabotée, en cause certes l’équipe sénégalaise, mais cela avait fait l’objet d’une minutieuse préparation avec les voisins de l’Est. Les réseaux sociaux, les messageries cryptées avaient été un véritable champ d’entraînement…
La Coupe du monde, quant à elle, a vu fleurir par milliers les critiques, le dénigrement, les fakenews visant notre équipe nationale…
Le sommet a été atteint à l’occasion de la célébration de la Fête du Trône où nous avons vu des milliers de nos jeunes compatriotes faire route sur Fnideq pour rejoindre Sebta…
J’évoquerai plus loin les causes internes mais tout d’abord parlons de tout ce qui a été mis en œuvre pour obtenir ce véritable phénomène. Pendant des semaines des messages ont été envoyés à notre jeunesse provenant de faux comptes, d’adresses IP basées à l’étranger, propageant de fausses rumeurs et incitant nos jeunes à cet exode.
11 millions de messages ont été envoyés depuis l’Algérie !!!! En fait une vaste tentative de déstabilisation initiée ou récupérée tant par l’extrême droite espagnole que par des médias étrangers hostiles depuis toujours à notre pays.
Aussitôt après a commencé toute une campagne visant à nous retirer l’organisation de la Coupe du monde 2030. Les enjeux deviennent clairs et des moyens colossaux sont investis dans le cyberharcèlement pour nous déstabiliser.
C’est là qu’aujourd’hui il nous faut faire preuve de lucidité et parler de cyberguerre, car nous n’en sommes encore qu’aux prémices. Or avouons-le, nous sommes très mauvais en termes de communication, à chaque fois nous avons été dans la réaction -réaction à retardement d’ailleurs- et nous avons laissé nos ennemis imposer leur propre récit.
Résultat : nous avons toujours été mis en position d’accusés, n’avons-nous pas vu certains nous faire porter le chapeau de cette tentative d’immigration ?!
Il nous faut non seulement repenser toute notre communication mais puisque nous sommes dorénavant entrés dans l’ère de la cyberguerre, il nous faut nous donner les moyens et les hommes non seulement pour lutter mais aussi pour anticiper.
Tout comme dans les cas de guerre «traditionnelle» où chaque pays se dote des armes nécessaires : chars, avions, navires, armée… il nous faut hélas nous munir des outils qui nous permettront de nous défendre…
Une fois tout cela dit, nous ne devons surtout pas nous dispenser de nous pencher sur les causes qui chez nous constituent un «terreau favorable» à ce désir d’ailleurs chez une partie de nos jeunes. J’ai vu évoquer, chez de nombreux analystes, la raison de la pauvreté – pas nécessairement la plus fondée -c’est pourquoi je voudrais quant à moi me pencher sur deux autres pistes.
– Tout d’abord le sentiment – hélas juste- chez une grande partie de nos jeunes d’être les oubliés des progrès de notre pays : malgré une croissance de 4,9% en 2025, le développement social ne suit pas et laisse ainsi 2,94 millions de nos jeunes sur le carreau. Ils voient effectivement leur pays avancer mais ils n’en ressentent pas les effets, pas de concret pour eux et cette perception de voir toujours les mêmes en bénéficier. Sa Majesté a parlé avec justesse de l’impérieuse nécessité de lutter contre un Maroc à deux vitesses, nous voilà en plein dans cette illustration. Comme si le Maroc du progrès n’était plus leur Maroc. Pour eux ce ne sont pas eux qui se détachent du Maroc mais le Maroc qui se sépare d’eux et ils y voient une raison de le quitter puisqu’ils n’y perçoivent plus aucune perspective !
– Autre cause interne que je voudrais décrire ici : nombre de nos jeunes ont ce sentiment extrêmement douloureux de ne pas exister. De ne pas être des «bnedem», d’être au mieux des figurants, au pire des fantômes. Minorés, exclus, voire niés par une partie de nos responsables politiques qui n’intègrent que très rarement la problématique de la jeunesse dans leur programme, peu, voire pas du tout pris en compte par les élus locaux, et peut-être pire que tout, victimes d’une hogra destructrice. Le comportement de certains de nos agents d’autorité vis-à-vis des jeunes est tout simplement honteux, le processus pour créer une association sportive ou culturelle ou artistique… qui s’était considérablement allégé il y a quelques années est redevenu un parcours du combattant… Bref l’effet dévastateur de se sentir invisibles détruit jusqu’à l’estime de soi.
Je me revois dire à un jeune de 20 ans, que je trouvais incroyable de risquer sa vie en mer à son âge, me répondre «mais Ahmed, je suis déjà mort dans ma tête».
Je ne trouverais hélas pas de formule plus cruelle que celle-ci pour décrire l’état d’esprit d’une partie de nos jeunes, une dernière précision : il ne s’agit certainement pas de nier tout ce que notre pays a déjà accompli et accomplit encore et toujours, il s’agit de dire avec force que tout cela doit impérativement profiter à tous nos jeunes. Un Maroc Uni est un Maroc pour tous !










