La cité des cheminots, sise au bord du boulevard Moulay Ismaïl à Aïn Sebaâ, a perdu l’un de ses enfants : il s’appelait Mohcine et avait 19 ans.
La banalité de ces mots est dramatique, tellement elle est devenue courante et répétitive. Victime du mirage de l’immigration, Mohcine est mort en tentant d’embarquer clandestinement sur un bateau, au port de Casablanca.
La douleur de la famille n’a eu d’égale que l’émotion de la jeunesse de la cité dont Mohcine était une figure.
A l’occasion du 40ème jour de son décès, les jeunes de l’Association «Action Jeunesse», membre du Réseau Maillage, qui «labourent» en profondeur le quartier depuis 3 ans, avaient décidé d’organiser – en plein air – une soirée de sensibilisation sur le thème du h’rig.
Vendredi dernier, le terrain de sport de l’association était plein à craquer : parents, dont ceux du jeune Mohcine, adolescents, enfants… tous étaient venus visionner le terrible film «Brûleurs de frontières» de Mohcine Badaoui et dialoguer à bâtons rompus avec de jeunes responsables associatifs de différents quartiers de Casablanca.
La RTM, Aujourd’hui le Maroc, la Nouvelle Tribune, Le Matin… avaient choisi d’accompagner l’initiative de ces jeunes : qu’ils en soient remerciés car justement la presse a un grand rôle à jouer en termes de sensibilisation.
Par contre, mais est-ce utile de le préciser, ni élus, ni responsables politiques n’ont fait le déplacement… mais il est vrai qu’un «coin paumé», d’une «cité paumée», avec de «jeunes paumés», un vendredi soir à 20 heures… !!!
Une chose m’a frappé lors de ce débat : la référence faite unanimement par les jeunes au discours royal du 18 mai. Preuve s’il en est besoin que ceux qui vivent l’exclusion ne se sont pas trompés sur la portée de l’INDH.
Alors bien-sûr, à l’aise dans leur confort, certains peuvent bien gloser sur l’Initiative nationale du développement humain ; d’autres encore dont le soi-disant travail de terrain dans les quartiers populaires n’existe que dans leur «réseau» journalistique, peuvent bien se vanter de ne pas avoir attendu le discours royal… la réalité est là et elle est têtue.
La population démunie, la jeunesse qui vit l’exclusion dans ses tripes croient dans l’INDH, et c’est par eux, par la mobilisation des associations, la bonne volonté des acteurs de terrain, les élus locaux consciencieux (et il y en a) qu’elle réussira. Après l’impulsion de Sa Majesté le Roi, c’est la synergie des femmes et des hommes de terrain, acteurs de changement, honnêtes et désintéressés, qui permettra l’indispensable mobilisation.









