Chroniques

Post-scriptum : Le «Maroc profond» n’est pas qu’au «fond du Maroc»

© D.R

Ce petit village se trouve à environ 80-90 km de Casablanca et pourtant lorsqu’on y arrive, l’impression de se trouver à des années-lumière de la capitale économique, est grande. Des maisons en pisé à flanc de colline, une place réservée au souk hebdomadaire et environ un millier d’habitants qui y vivent dans un grand dénuement.
Pourtant, l’Etat a fait des efforts et il est présent : une vraie route, une école, un dispensaire et l’électricité installée depuis quelques mois.
La pauvreté, elle, est palpable et saute au visage, mais ce qui frappe le plus dès que la conversation s’instaure, c’est bel et bien la «fermeture» des mentalités. La réforme de la Moudaouna y est totalement méconnue ; on continue d’y marier des mineures juste par la lecture de la «Fatiha» ; dès que l’on évoque la femme, les «patriarches» closent la discussion en des termes fortement dévalorisants ; les jeunes ne sont pas mieux lotis, qui n’ont droit à aucune considération et passent leur journée dans l’unique gargote locale ou viennent grossir les rangs de l’exode rural…
Bien sûr, «l’enclavement» (relatif) peut expliquer bien des choses, mais le manque de communication avec ces Marocains-là (ou bien une communication qui ne parvient pas jusqu’à eux) est aussi une raison à cet «hermétisme».
Autre exemple, l’INDH n’est pas inconnue : la «hiba dial Sidna», mais son utilisation est pour eux un mystère. Les atouts existent pourtant, une nature (forêt, collines, ruisseaux) magnifique ; des représentants de l’autorité, proches (gouverneur, caïd) et intelligents ; un président de commune jeune et compétent, mais aussi des militants associatifs dévoués et «battants»… 
Que manque-t-il alors ? Tout d’abord –selon moi– un vrai contact avec les Marocains (es) d’ailleurs –ceux de Casa, de Rabat, de villes ou régions plus éloignées…
mais un contact réel permettant la discussion, l’échange, l’ouverture. Un coup de pouce ensuite : la beauté de l’environnement y permettrait tourisme vert, gîtes, maisons d’hôtes et autres randonnées pédestres.
Nos compatriotes de ce village ont besoin de voir qu’ailleurs- dans des conditions semblables- on s’en sort : la valeur de l’exemple…
Si l’on trouve les chemins qui mènent à eux, alors tout sera possible.

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