Chroniques

Post-scriptum : motivé(e)s

© D.R

«Jeunes de mon pays, le devoir de voter vous appelle». «Je voterai pour assurer mon avenir et celui de mes enfants». «Manskoutch, car mon pays compte sur moi». «Manskoutch, car je dois construire le développement de mon pays». «Manskoutch, car à 18 ans le droit de vote est acquis : notre Roi a cru en nous aussi jeunes»… Ces paroles sont celles d’un jeune acteur associatif, Khalid Hilal, qui agit au sein de l’association «Bonanza» dans le quartier Hay Lalla Meryem à Casablanca.
Ecoutez cette chanson, dès qu’elle sera sur les ondes des radios, chantée par le groupe «Big Boss», et si vos idées sur la jeunesse, le rap, leur engagement étaient «sceptiques», je suis persuadé que vous changerez d’optique. Les formes d’engagement de nos jeunes ont certes changé, mais elles existent bel et bien : elles passent aujourd’hui par le mouvement associatif de quartiers, par le rap ou le hip-hop… mais méritent intérêt et surtout prise en compte. Tout autant revient sur le devant de la scène «l’expression corporelle»; il suffisait pour s’en convaincre d’assister au festival international de danse organisé au complexe Moulay Rachid par l’association «Contretemps» de Lahcen et Kaïs Zinoun. Une jeune compagnie de la scène hip-hop belge, menée par un jeune «Beur» belge, Saïd Oudrassi, faisait passer un grand nombre de messages par sa danse, la mise en scène, son jeu et ses expressions.
Autre symbole, tant Kaïs Zinoun que Saïd Oudrassi que le directeur du complexe, Amine Moumine, avaient compris que le mixage entre jeunes de l’étranger et jeunes de Moulay Rachid où le spectacle avait lieu, était primordial. C’est pourquoi ils ont donné la possibilité à une troupe locale de 7 jeunes danseurs –appelée «Dayma style» – de se produire en première partie du spectacle.
Et là aussi le message est passé, puisque du coup, ces jeunes se sont en quelque sorte appropriés la scène et montré l’étendue de leurs potentialités et de leur talent.
Encore une fois, cette façon de s’exprimer n’est pas neutre puisqu’à la fin de leur numéro, les «Dayma style» déploient le drapeau marocain.
Entre les paroles de la chanson «Manskoutch» de Khalid Hilal et le drapeau des «Dayma style», nombre de messages sont envoyés. Ils devraient montrer aux décideurs que notre jeunesse est loin d’être résignée ou désintéressée. En fait, elle est motivée.
C’est cette motivation qu’il nous faut «canaliser» pour le meilleur, sous peine de la voir se dispenser.

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