Chroniques

Post-scriptum : Nouvelles électrices, nouveaux électeurs…

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Plus de 1.400.000 nouvelles et nouveaux inscrits (tes) sur les listes électorales : selon les interprétations, selon sensibilités, selon les intentions, vous entendrez (et vous lisez) que c’est relativement faible ou bien au contraire que c’est un beau chiffre. Pour avoir vévu concrétement –  sur le terrain- et donc en tant qu’acteur, la mobilisation qui s’est faite, je pense que l’on peut saluer ce chiffre, en effet il a fallu beaucoup de débats, de dialogue, de pédagogie, de force de persuasion pour inciter nos jeunes à faire la démarche. Souvent désabusés vis-à-vis des politiques (mais pas désintéressés de la politique), ils ne mesuraient pas le plein enjeu, c’est pourquoi, ici, je voudrais rendre un vibrant hommage aux associations de jeunes, dans les quartiers, qui avec très peu de moyens ont fait un remarquable travail de sensibilisation et de mobilisation. Je voudrais d’ailleurs les citer, car c’est à peu près la seule «reconnaissance» qui leur reviendra.
Hormis, bien sûr, la satisfaction qu’ils peuvent légitimement éprouver : celle de la mission accomplie. Cela va de l’association «Jeunes citoyens» à Salé El Jadida, en passant par «Emergence» à Béni-Mellal, par «Bonanza», «Saout Chabab», «Chaaba tanmia», «Ajial», «Soleil levant», «Chabab Nahda»… dans différents quartiers de Casa, ou encore «Amal Takkadoum», «L’autre côté du soleil»… à Rabat, la liste est longue des associatiuons qui ont fait un travail de fourmis, inlassable. Remarquez d’ailleurs les noms de toutes ces associations, ils sont riches d’enseignement et un sociologue y trouverait matière à dissertation. Les 1.400.000 nouveaux électeurs doivent pour beaucoup à cette approche de jeunes, par des jeunes ainsi qu’aux forums que le ministère chargé de la Jeunesse a organisés dans les Maisons de jeunes, à travers le Royaume. J’ai participé à un grand nombre de ces initiatives, de ces débats et je peux vous assurer qu’ils étaient riches et fructueux. Bien sûr nos jeunes sont méfiants , bien sûr ils ne se laisseront pas facilement convaincre : personnellement, j’y vois une preuve de maturité, cela veut dire que nos partis politiques, les futurs candidats devront avoir de vrais programmes, et s’ils font des promesses, ils doivent s’attendre à ce que ces jeunes leur demandent des comptes, par la suite.
Une deuxième phase va s’ouvrir à présent : aux partis politiques de faire leur travail et d’aller à la rencontre de la jeunesse – dans les quartiers – non pas avec des billets de 100 dirhams à la main, mais avec des programmes concrets et réalisables. Le mouvement associatif doit poursuivre sa mission de sensibilisation et de mobilisation, en ne mélangeant pas les genres : notre rôle n’est pas de donner des «consignes de vote» mais plus sainement de proclamer : «Votez pour qui vous voulez, mais votez!». Pour leur part, fidèles à leur slogan «Des jeunes, par les jeunes, pour les jeunes» les 45 associations du Réseau Maillage et les quelque 5000 jeunes qui s’y retrouvent – indépendants de tout parti – lancent une nouvelle campagne : «Droit aux urnes!» pour que les jeunes utilisent leur droit et mettent leur «grain de sel» au cœur de notre avenir commun.

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