Chroniques

Post-scriptum : Quand les jeunes débattent…

© D.R

«Combattre la violence», tel était le thème dont avait choisi de débattre plus de 100 jeunes venus de tous les quartiers de Casablanca -regroupés sous la bannière du Réseau Maillage- samedi après-midi. Invités à venir dialoguer avec eux : Mohamed Alazhar, professeur d’université en criminologie, Belaïd Bouimid, journaliste sportif  légendaire, Driss Jaydane, jeune et talentueux écrivain et Abdelkader Figuigui, figure associative, notamment au sein de la Ligue des associations régionales. Assia El Ouadie -«Mama Assia»- très attendue, avait dû s’excuser, car retenue. De nombreux journalistes -télé, presse écrite, radio- avaient également fait le déplacement tant le sujet est brûlant, en particulier après les incidents du match Wydad-Raja…
Pendant plus de deux heures, ces jeunes de 15 à 25 ans ont été non seulement attentifs mais d’une spontanéité et d’une lucidité dans leurs propos qui démentent bien des a priori formulés à leur sujet.
Que retenir de ce débat où tant et tant a été dit, tant de la part des «Grands témoins» que de la part des jeunes ?  Tout d’abord que la violence est unanimement rejetée et que si l’on ne lui trouve pas d’excuses, on en trouve les causes dans notre propre environnement : l’école inefficace, les parents dépassés; le mépris dont s’estiment si souvent victimes nos jeunes ; le manque d’encadrement ; l’absence de dialogue ; la construction de «ghettos  urbains» sans âme ; la démission des adultes, l’arrogance d’une certaine bourgeoisie, l’éducation, le civisme, la citoyenneté… totalement minorés. Tout cela (et bien d’autres choses) a été dit avec force et était d’autant plus crédible que les jeunes – eux-mêmes – ne se sont pas défaussés de leur propre responsabilité : d’ailleurs unanimement, ces jeunes ont insisté sur l’indispensable prévention. Si la violence au sein des «stades» a dominé le débat, toutes les formes de violence ont été dénoncées, d’autant plus qu’elles sont devenues quotidiennes. Les participants au débat ne se sont pas contentés de dénoncer, ils ont aussi proposé : ainsi partant du principe que «des jeunes savent s’adresser à des jeunes», ils ont évoqué la nécessité de centres d’écoute dans les quartiers; l’utilisation de jeunes médiateurs sociaux (qu’ils ont baptisés «jeunes médiateurs de quartiers») ; l’accompagnement des jeunes dans les bus, lors de matchs, de festivals… par de jeunes éducateurs ; la mise en diposition de «personnes ressources» (véritables interlocuteurs de la jeunesse) dans les préfectures et autres services publics; l’organisation de forums «jeunesse-police» etc. Ainsi, plusieurs de ces jeunes forts de leur expérience associative, de leur formation en FAC (travailleurs sociaux) ou de leur formation par l’organisme «Search for Common Ground» en tant que médiateurs, se sont déclaré disponibles pour toutes ces tâches. Alors qu’attendons-nous pour essayer, car si cela a un coût, il sera toujours moindre que celui de «la casse».

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