Chroniques

Post-scriptum : Vous avez dit journée du migrant ?

© D.R

Lorsque SM le Roi a institué cette journée, en la fixant au 10 août, l’objectif était clairement de faire de ce jour un «plus» afin de célébrer nos compatriotes de l’étranger, au cœur même de l’été qu’ils passent au pays.
Célébration au sens vivant du terme : c’est-à-dire en faire un jour «utile» et pour eux et pour nous. Les exemples de ce que pourrait être cette journée ne manquent pas et la ministre Nouzha Chekrouni avait proposé plusieurs pistes. Alors pourquoi, par exemple, ne pas faire de ce jour un moment convivial et festif, en organisant des rencontres, sportives, culturelles, musicales… entre Marocains d’ici et d’ailleurs ? Pourquoi ne pas en profiter pour évoquer les avancées que connaît notre pays : réforme de la Moudawana, code de la nationalité, nouvelles règles dans l’investissement – de façon attrayante et innovante en lieu et place des sempiternels colloques ? Pourquoi ne pas saisir cette occasion pour organiser des séries de manifestations où les talents (et pas seulement au sens «artistique» du terme, trouveraient manière à s’exprimer, se faire connaître…?
Je pense que cette journée du migrant ne doit pas être connue comme «ghettoïsante» ou accentuant le côté folklorique, du style de certaines banques «bienvenue…» mais bel et bien une journée de mixage où notamment les jeunes des deux côtés de la Méditerranée, trouveraient la possibilité d’échanger, mieux se connaître, confronter idées et propositions…
Notre équipe «Rouge, Vert, Beur» concoctée par Zaki lors de la CAN-2004, reste, selon moi, l’exemple type de ce que l’on peut faire en la matière.
A quand un CD mêlant les voix de nos chanteurs et chanteuses d’ici et là-bas, à quand une émission télévisée co-animée par animateurs du pays et ceux vivant à l’étranger, à quand l’édition d’un numéro spécial de l’un de nos journaux ou des infos de la RTM ou 2M) co-présenté ou écrit par journalistes intra et hors frontières… Ce ne sont certes pas les propositions qui feraient défaut, si l’on débridait les imaginations.
La création de cette journée spécifique reste en soi une excellente idée, car tout comme «la journée de la femme », la «journée de l’environnement», «la journée des droits de l’enfant»… elle est un moyen de «braquer les projecteurs», d’attirer un peu plus l’attention, de souligner. Même s’il est bien entendu que les 364 autres jours ne doivent pas être des journées «sans».
Soyons donc positifs et constructifs, alors pourquoi dans l’objectif de préparer la Journée du Migrant 2006 – ne pas lancer dès maintenant une campagne où seront sollicités avis, propositions, idées, projets… auprès du tissu associatif de nos compatriotes de l’étranger (sans négliger le mouvement associatif d’ici) ?
Les meilleures suggestions pourraient alors être retenues et mises en place : là aussi pour que cette initiative soit un succès, il faut que les intéressés, que la population, se l’approprient.

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