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Relations Maroc-France : Vers l’ouverture d’une nouvelle page ?

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Au fond, les deux pays tiennent à la très forte relation d’amitié et de confiance qui les lie, ayant en commun un certain nombre d’affinités commerciales, de préoccupations sécuritaires et d’objectifs conjoints. Les uns apprennent des autres et surtout se complètent.

Les liens entre Rabat et Paris n’ont jamais été interrompus, même si le poste d’ambassadeur du Royaume était resté vacant pendant quelques mois. Au contraire, la coopération a été poursuivie, le business continue, en dépit du passage à vide politique, la collaboration en matière de sécurité et de défense s’est accrue, la masse d’étudiants marocains inscrits dans des écoles et universités françaises n’a pas du tout baissé, le tourisme ne s’est pas éteint, et la liste est longue.
Le Maroc, en tant que vivier de talents, est appelé à jouer un rôle central dans la croissance continue et l’innovation au sein de plusieurs secteurs stratégiques français.
Une présence de près de 800.000 expatriés marocains en France. Puis, dans l’autre sens, les Français représentent la communauté étrangère la plus importante au Maroc. Les exportations de Paris vers le Maroc augmentent au même titre que les importations françaises vers Rabat. De la sorte, peut-on dire que les relations entre les deux nations ont vraiment été gelées ?
Absolument pas puisque depuis l’année 2022, le monde des affaires, du tourisme et de la défense n’a fait que s’élargir. Ce qu’il faut, c’est de regarder vers l’avant et dépasser les différends du passé. Et dans le même temps, il y a lieu de corriger ce qui ne va pas et mettre de côté des différences personnelles et politiques. Une des façons pour y arriver est de reconnaître les forces de chacun, de les unir pour en tirer pleinement profit des deux côtés.

Intensifier le dialogue pour le bien de tous
Parlons de fond pour améliorer les choses. Avant tout, il faut éviter d’aborder, de part et d’autre, toute mésintelligence sous un angle accusatoire. Parfois, on entend comprendre qu’il y a une mésentente quelque part. Pourtant, il n’y a rien de tout cela. Puis l’on ignore des sensibilités qui risqueraient de froisser. C’est pour cela que la vraie sagesse repose sur le dialogue et l’échange constructifs. On ne peut permettre aux jeux de pouvoir d’aboutir à une fermeture des portes car cela va en contresens des intérêts des deux parties. Un autre point fort important concerne le silence, en tant que signe de désaccord.
C’est parfois intéressant de rester silencieux pour éviter les tensions, alors que dans d’autres cas, comme dit l’adage «qui ne dit mot consent» ; ce qui peut souvent prêter à une mauvaise interprétation.
Là où le bât blesse, c’est qu’aucun mécanisme d’évaluation des relations Maroc-France n’était vraiment prévu dans le passé. Au fait, pour maintenir de bons rapports bilatéraux, on ne doit point se satisfaire d’une diplomatie de couloir, pour passer sous silence une situation qui semblerait être de plus en plus inquiétante. «De la discussion jaillit la lumière» comme dit le vieux dicton. Au fond, les deux pays tiennent à la très forte relation d’amitié et de confiance qui les lie, ayant en commun un certain nombre d’affinités commerciales, de préoccupations sécuritaires et d’objectifs conjoints. Les uns apprennent des autres et surtout se complètent.

Prémices d’un dégel desrelations entre Rabat et Paris
On essaie d’expliquer que le Maroc peut rouler seul et que la France tient autant au Maroc qu’à l’Algérie. On ne voulait rien savoir et cela ne plaisait à personne. A vrai dire, les deux nations ont vécu une perte de confiance soudaine et préjudiciable dans l’avenir de leurs relations. L’on ne prend jamais des relations entre Etats en tant qu’affaires personnelles. Nous pensons à l’avenir commun et aux intérêts de chaque pays. Pour le cas du Maroc et de la France, les faux problèmes devraient être rapidement corrigés. Il faut comprendre que cette situation est déplaisante pour une large communauté marocaine et française.
Cette fois-ci, la tendance semble positive et des signes encourageants commencent à émerger : visite du patron de la police nationale française à Rabat au mois de décembre 2023 pour solliciter l’appui de l’expertise sécuritaire marocaine lors des Jeux olympiques de Paris 2024, inauguration le 7 février 2024 par l’ambassadeur français à Guelmim (porte du Sahara) d’une antenne de la Chambre de commerce française, déjeuner offert le 19 février 2024, au Palais de l’Elysée, à l’invitation de la première dame de France à Leurs Altesses Royales les Princesses Lalla Meryem, Lalla Asmaa et Lalla Hasnaa, visite de travail le 26 février 2024 du chef de la diplomatie française, Stéphane Séjourné, avec son homologue marocain, Nasser Bourita, programmation d’une visite de la délégation du patronat français au Maroc, prémices d’une première visite d’Etat d’Emmanuel Macron à Rabat au mois d’avril 2024.
Autant de nouveaux faits et de signes révélateurs d’une amélioration des relations maroco-françaises qui sera probablement traduite, à court terme, par l’apaisement des tensions et la restauration d’un climat propice.
Pour commencer, il importe d’indiquer clairement que ce rapprochement sous-entend inéluctablement que le Palais de l’Elysée a pris la ferme décision de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Si c’est vraiment le cas, il y aura beaucoup de choses à apprendre dans les jours à venir. En tous les cas, espérons cette fois-ci qu’il s’agira de l’ouverture d’une nouvelle page: une situation qui serait bénéfique pour tous.

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