Sebta…

Sebta…

Je voudrais traiter ici de ce qui s’est passé la semaine dernière entre nos côtes et Sebta, sous un angle différent de celui traité par la majorité des médias espagnols et européens.


Mais avant toute chose je voudrais me permettre de donner une leçon à ce maire français d’extrême droite, Robert Ménard, qui, à l’époque où il était secrétaire général de Reporters sans Frontières, donnait des leçons à qui mieux mieux en cachant avec soin ses opinions racistes.
Il fait de Sebta une ville européenne envahie par des migrants !!!! Lol, ne serait-ce pas exactement l’inverse : une ville africaine sous occupation espagnole ?!
Dans le flot de boue qui s’abat sur nous actuellement essayons de faire le tri :
– Le polisario et l’Algérie -qui le maintient en vie au détriment de son propre peuple- cherchent tous les moyens pour nous affaiblir.
– L’Espagne nous demande de protéger ses frontières mais ne fait pas un geste pour reconnaître les nôtres au Sud.

– L’Allemagne ne respecte ni notre intégrité territoriale ni notre droit à la sécurité contre le terrorisme.
– Des pays européens s’offusquent de notre outrecuidance à vouloir traiter d’égal à égal avec eux. Un article d’une condescendance incroyable paru dans Le Monde en est un exemple.
– Ils nous veulent leurs garants contre l’immigration clandestine mais ne font pas le pas de reconnaître la marocanité de notre Sahara…
En 48 heures, le Maroc, renonçant à son rôle de «gardien», a montré à l’Espagne et par là-même à l’Europe, qu’il méritait d’être traité en partenaire et non pas en subalterne.
Cet afflux de Marocains et de Subsahariens vers Sebta au départ des côtes marocaines semble être un phénomène que les Européens font mine de découvrir, ils s’exonèrent ainsi à bon compte de leur responsabilité dans la situation d’une partie des jeunes africains.

Ces tentatives d’immigration clandestine sont une réalité quotidienne, dramatique, qui illustrent de façon ô combien douloureuse le mal-vivre de la jeunesse d’un continent.
Dans l’incroyable dégoulinade de commentaires que l’on peut lire ou entendre dans les médias espagnols -et autres-, nombre de fake news et d’images fabriquées veulent absolument faire du Maroc un cas unique : or tunisienne, algérienne, malienne, congolaise… ou marocaine c’est toute une jeunesse en déshérence qui cède aux sirènes «de l’ailleurs».
Pour autant rien ne servirait de passer sous silence notre propre responsabilité collective et plus particulièrement la responsabilité de notre classe politique : des milliers de jeunes Marocains ne se voient aucun avenir dans notre pays et préfèrent risquer la mort en mer plutôt que la vie que nous leur offrons.
Ces milliers de jeunes, ces mères de familles dont les images ont fait le tour du monde, étaient un véritable crève-cœur, l’Espagne, l’Europe n’ont voulu sciemment en retenir que «le chantage» exercé sur eux par le Maroc – et par là-même ignorer leurs propres erreurs.
Il nous faut quant à nous avoir le courage de reconnaître la situation qui touche toute une frange de notre jeunesse et nous en saisir à bras-le-corps, SM le Roi le premier a tiré la sonnette d’alarme dans tous ses discours la jeunesse est mise en exergue et le nouveau modèle de développement réclamé par lui se veut une réponse concrète et ambitieuse.
Nous ne ferons pas l’économie d’un vrai, grand, volontaire et généreux plan d’insertion pour la jeunesse.
Une société qui ne peut donner un futur à ses jeunes est une société en échec !
Tout cela nous montre à quel point notre ascenseur social est en panne et qu’en plus même les escaliers sont cassés. Un jeune qui ne peut espérer améliorer sa vie, sa situation, par rapport à celle de ses parents est un jeune en détresse.
Je traite de ce sujet depuis des lustres – et je continuerai – vous me pardonnerez donc si dans cette chronique je m’efforce de donner un éclairage qui nous engage tous collectivement et individuellement.
Il faut le dire, ce sera notre force de ne pas le passer sous silence…
«Sebta» nous donne une leçon : notre pays, le Maroc, est sans cesse sollicité par d’autres, pour être le partenaire, l’interlocuteur, le garant, le soutien de telle ou telle cause : sécuritaire, humanitaire, financière…et nous répondons toujours présent, or cela ne serait-il bon que dans un sens ?
N’avons-nous pas droit, quant à nous, à la réciprocité, sommes-nous taillables et corvéables à merci ?
L’Espagne est notre premier partenaire commercial – pour son plus grand profit – et que fait-elle dans notre dos : elle accueille sur son sol – en cachette, sous une fausse identité – celui qui vise notre perte (en vain) avec sa bande de mercenaires !
Elle bafoue tout : les lois internationales, les règles de bon voisinage auxquelles elle prétend avec nous, notre confiance, et même son propre peuple, puis inversant la charge des preuves, elle prétend qu’elle ne se laissera pas intimider !?
On rêve, c’est nous qui ne nous laissons plus intimider, et devant l’attitude belliqueuse de ces 2 pays voisins que sont l’Algérie et l’Espagne, il est temps de relever la tête et de nous faire respecter.
Nous faire respecter à l’international et nous atteler avec courage au défi que nous lance notre jeunesse en interne : ce sont là les défis que nous lance «cet exode» à Sebta !

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