Chroniques

Transmission : Compassion et action

© D.R

Par essence imprévisible, un tremblement de terre vient de frapper notre pays, endeuillant des familles, des villes, une nation, chacun d’entre nous est touché et ce sentiment est visible, palpable.
Le jour même du drame, à l’image de l’ensemble de la population, les jeunes militants associatifs oeuvrant dans les quartiers se demandaient «que faire ?» Beaucoup voulaient «aller là-bas», réflexe spontané de solidarité, besoin d’être utiles, envie de ne pas rester les bras croisés, cette idée émanant de jeunes montrait l’élan mais en même temps péchait par sa précipitation. En effet, «aller là-bas », mais pouquoi y faire. Ce dont la population sur place a besoin c’est de secours, de soins : c’est-à-dire d’infirmiers, de médecins, de pompiers, d’équipes rompues aux techniques de déblaiement et de dégagement des victimes.
Par ailleurs, la Fondation Mohammed V -la mieux à- même de remplir ce rôle, déployait les moyens de prise en charge de la population.
Que faire donc ? Impossible de rester passifs mais nécessité de canaliser les énergies. Ne surtout pas décourager les bonnes volontés, surtout lorsqu’elles émanent de jeunes, mais les rendre productives. D’où deux idées émanant de ces responsables associatifs : se mobiliser pour inciter les jeunes à donner leur sang et lancer une opération dans les quartiers de collecte de fournitures scolaires pour, dès que cela sera possible, aider les enfants et les jeunes d’Al Hoceïma à reprendre leur scolarité. Ces initiatives -émanant de jeunes de familles défavorisées- ne sont pas capables à elles seules de constituer une seule réponse au drame vécu à Al Hoceïma, mais elles sont d’une importance autrement significative : la compassion ressenti, par ces jeunes ne débouche pas sur des lamentations mais au contraire sur la mobilisation et l’action.
Ce jeudi 26 février donc, à la même heure, des jeunes de Derb Soltane, Aïn Chock, Sidi Moumen, Hay Mohammadi, Sidi Bernoussi, Aïn Sebaâ… à Casablanca et ceux de Témara, Hay Salam et Sala El Jadida à Salé ou encore Akkari, Takkadoum, Yacoub El Mansour, Akreuch, Aïn Khalouia… à Rabat se sont donné rendez-vous dans les centres de transfusion sanguine accompagnés de personnalités telles que Naïma Lemcharki, Rachid El Ouali, Redouane Allali… afin de lancer l’opération don de sang. Dans un même temps, la mobilisation se fait dans les quartiers pour récolter stylos, cahiers, cartables, livres… qui seront remis aux jeunes d’Al Hoceïma pour reprendre la classe. «Chacun selon ses moyens», ce diction trouve ici parfaitement son illustration, ces jeunes ne peuvent donner que ce qu’ils ont, mais c’est un bien précieux : leur sang et de quoi s’instruire !
Ils montrent le chemin…

Articles similaires

Chroniques

Mon ami le stress …

Pour mieux t’identifier et ne plus te confondre car ça nous arrive...

Chroniques

L’âme d’un pays !

Les centres culturels et les théâtres restent le plus souvent en manque...

Chroniques

Le Polisario, un poison africain

Que ce soit sur le plan diplomatique ou sportif, le Polisario pose...

AutreChroniques

Santé mentale et pouvoir d’achat

Il nous faut faire de la santé mentale des Marocains une priorité...

EDITO

Couverture

Nos supplément spéciaux

Articles les plus lus