Chroniques

Transmission : Cultures urbaines

Elles existaient, mais le plus souvent étaient étouffées, tout comme existaient les talents, mais trop souvent tuées dans l’oeuf, par l’indifférence, l’exclusion, la relégation. Un vent nouveau souffle sur l’axe urbain Casa-Rabat, encore fragile, balbultiant, mais il souffle ! Evidemment, à l’intérieur des terres ce vent de renouveau, de jeunesse, qui montre que «quelque chose est en train de bouger» n’est qu’une brise mais qui ne demande qu’à grossir. Le besoin d’engagement de la jeunesse trouve du répondant; les pouvoirs publics en quête d’interlocuteurs trouvent à leurs côtés – et non pas en face – des jeunes qui font preuve d’une grande volonté. Des exemples ? Ces associations de jeunes, par les jeunes, pour les jeunes qui se sont créés – seuls – à l’initiative de quelques uns et qui – aujourd’hui – font figure de pionnières et entraînent tout un mouvement de suivisme derrière elles. Ce sont aussi ces 5000 jeunes footballeurs en herbe qui grâce à deux grands clubs, vont être encadrés, suivis, motivés. Ce sont encore 200 jeunes de quartiers populaires qui rompent le jeûne avec un wali, des gouverneurs, des élus, des artistes, des sportifs et qui soudainement retrouvent un sentiment d’exister et d’être pris en considération… Ce sont enfin ces multiples expressions de nos cultures urbaines qui s’affichent: jeunes talents musicaux, peintres, acteurs, chanteurs… L’espoir est palpable, les talents nombreux, il nous faut pour les conforter, trouver les lieux, trouver les moyens – humains et matériels -, fédérer les énergies. Bien sûr, ici et là, des esprits chagrins prétendent que des terrains de sport de proximité n’ont pas grande importance, que le foot n’est pas tout dans la vie, que la musique n’est pas une priorité. A ceux-là, nous disons : faites l’expérience de l’ignorance, du désoeuvrement et du désintérêt et vous verrez, cela a un prix, il s’appelle le 16 mai. Non, les cultures urbaines ne sont pas un pis-aller, non, elles ne sont pas superflues ; elles sont les vecteurs d’une jeunesse, elles sont l’essence d’une vie, elles sont l’épanouissement d’une personnalité et donc d’une société. Les cultures urbaines sont les richesses de nos villes, qui, si elles trouvent le terrain pour s’épanouir fonderont les soubassements d’une société plus ouverte, plus tolérante, forte d’une jeunesse créatrice, porteuse de valeurs.

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