Vacances estivales

Vacances estivales

On s’y attendait, d’une certaine manière. Surtout après les couacs de la saison estivale précédente. 

Cette fois, nous avons nourri l’espoir de changer notre fusil d’épaule et de réagir en conséquence. En effet, l’été est arrivé et les données changent un peu partout dans le monde. Le mot d’ordre pour tous les pays est clair : nous ouvrons nos frontières parce que c’est la haute saison touristique et que le manque à gagner cumulé durant deux saisons est trop grand pour se permettre une autre année noire. C’est donc le même son de cloche qui a droit de cité dans plusieurs pays européens : l’argent du tourisme oblige, la Grèce, l’Italie, la France, Malte, Chypre…, partout le mot d’ordre ne souffre aucune ombre : venez dépenser votre argent, vous penserez au coronavirus, le moment venu, quand le virus se rappellera à votre bon souvenir. Tous, de concert, se sont donné le mot : on fait des affaires et on verra après. Ce qui est aussi le cas du Maroc, qui ne déroge pas à la règle.

Les Marocains résidant à l’étranger reviennent enfin au pays, après de longs mois d’attente, mais, cette année, ils boycottent tous les ports espagnols. Une manne financière de moins pour Madrid qui a choisi très mal le moment de se mettre Rabat sur le dos. Comme quoi, les concertations entre départements de l’État espagnol semblent ne pas bien fonctionner. D’un côté, on trahit le voisin marocain en le poignardant dans le dos, de l’autre, on veut ramasser le pactole des immigrés. Mais cette fois, ça n’a pas marché. Rabat ne l’entend pas du tout de cette oreille. Circulez, il n’y a rien à faire dans les ports espagnols. Le Maroc tord le bras au douteux voisin du Nord et fait passer ses ressortissants par d’autres terminaux portuaires, notamment ceux du Sud de la France. Vous imaginez la colère des Espagnols en réalisant les conséquences désastreuses sur leur économie déjà en berne, à cause de dissensions internes et autres décisions calamiteuses. Fini les péages du Nord au Sud de l’Espagne. Fini les bateaux et les ferries, avec les zones Duty Free où les ressortissants marocains dépensent des millions d’euros. L’Espagne peut s’en mordre les doigts et n’en vouloir qu’à elle-même. Reste l’épineuse question des Marocains qui ont pris l’habitude d’aller faire bronzette et du show off sur la Costa del Sol.

Vont-ils se ruer sur le Sud de l’Espagne, comme c’est le cas chaque année, pour manger des paellas et des tortillas, le tout arrosé de Rioja, ou ont-ils saisi le message de cette grave crise avec l’Espagne : c’est-à-dire, boycotter les paysages espagnols en passant des vacances au bled, en dépensant local, en participant grandement à renflouer les caisses du tourisme en aidant toutes ces belles régions touristiques qui souffrent depuis deux étés ? Le bon sens et le patriotisme bien placé voudraient que l’on soutienne le Royaume et que l’on pense à l’économie du pays en rompant avec cette habitude d’aller toujours aux mêmes endroits, de se regrouper à Marbella et régions, durant toute une vie, en enrichissant encore plus un voisin prédateur, alors que le vrai touriste est celui qui ne va jamais deux fois au même endroit.

Le Maroc est le plus beau pays du monde avec ses paysages naturels diversifiés, ses plages magnifiques, ses montagnes, ses dunes, son désert, ses vallées fertiles, ses ergs et ses gorges, ses niches si spécifiques d’une géographie à couper le souffle. Il y a tant à voir dans notre pays, tant à découvrir. Alors, chers Marocains, vous savez ce qu’il vous reste à faire : faites vos bagages et découvrons tous ensemble la beauté de notre cher Maroc.

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