Culture

À la découverte des gravures rupestres

© D.R

Située à l’extrême sud du Sahara marocain, la ville de Smara est l’une des plus importants sites de l’art rupestre saharien. Cette ville abrite, à elle seule, plus de 9 sites bien identifiés, témoignant du passé riche de cette région et pouvant être considérés comme un patrimoine archéologique matériel de première importance scientifique et paléo-ethnologique. Ces gravures placent le visiteur au cœur d’un ancrage préhistorique fort et concret du Sahara marocain avec ingéniosité humaine. Ces gravures fragiles et menacées ouvrent un écrin qui recèle des trésors inattendus de la pureté, la beauté d’un art qui met incessamment en éveil l’imagination, la curiosité et l’émotion esthétique avec ce tatouage gravé sur la surface rocheuse du mythique Sahara marocain. Parmi ces sites il y a lieu de citer la haute Saguia El- Hamra, Bir Moghrein, Ed Sélouan, Oued Miran, Guelta Zemmour, l’Assri Boukarche. Quant au site Laghchiwat, il a été le dernier à être découvert. Ces sites sont riches en objets comme des coquilles d’œufs et des concentrations de matériel lithique. En outre, ils dénotent d’une homogénéité constituant le signe d’une unité culturelle qui ne se dément pas tout au long du néolithique. Comme ils permettent de reconstituer l’histoire du Sahara marocain et sont aussi l’indice et le vestige de l’existence humaine au Sahara, qui appartient à une vaste région rupestre englobant le sud du Maroc, le sud ouest algérien et le nord mauritanien. «Ces gravures rupestres différentes et variées laissent indiquer d’une part une présence remarquée de la faune subsaharienne. Eléphants, rhinocéros, avec les poissons et les crocodiles indiquent l’existence d’un climat plus humide que l’actuel. Et d’autre part, la faune domestique : bovidé, capridé, ainsi que le dromadaire, montre une forte présence des éleveurs qui sont aussi bien entendu des chasseurs. Malheureusement, elles sont en danger de disparition du fait de l’usure naturelle, mais surtout des facteurs humains : ignorance et appât du gain en pleine expansion», explique à ALM Sidati Hama, un chercheur dans le patrimoine local. Malgré cela, ces sites ont pu résister à l’intervention humaine qui les a toujours menacés. Par le passé, on prélevait des dalles pour les exposer dans les lieux publics. Certaines ont échoué dans des collections privées au Maroc et à l’étranger, les carrières et routes ont aussi détruit certains ensembles. Aussi, ces gravures sont-elles localisées dans des zones qui portent encore les différents stigmates des conflits et des affrontements passés. Ces gravures suscitent aujourd’hui la fierté des habitants de cette région du Royaume, qui voient en eux une preuve de leur riche histoire. Toutefois, d’aucuns estiment qu’il est nécessaire de procéder à leur valorisation au niveau touristique pour en faire une source d’emploi et de richesse pour la région.

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