Culture

A la une : Hassan Al Joundi critiqué par les siens

Abdelkrim Berrechid, trésorier du Syndicat national du théâtre : « Le syndicat est tombé en syncope »
Membre du Syndicat national du théâtre, je n’ai pas été informé du communiqué paru au nom dudit syndicat qu’après sa sortie médiatique. Ce communiqué ne m’engage donc en aucune manière, cela ne me concerne ni de près ni de loin. En tant qu’homme de théâtre, je représente au Maroc un genre théâtral (Ndlr : le théâtre festif) qui s’est donné pour principe : «Expression libre pour l’homme libre dans une société libre ».
Et puis, le syndicat n’a pas à se mêler d’un domaine qui ne le regarde pas, à savoir la création cinématographique. Je précise que l’activité de ce syndicat est gelée, il est aujourd’hui à l’état de syncope.
 
Saâd Chraïbi, réalisateur : « La liberté d’expression est un acquis sacré »
Premièrement, la liberté d’expression dans le domaine artistique en général et dans le cinéma en particulier est un acquis qui a été obtenu après de longues luttes et qu’il n’est pas question de le remettre en cause aujourd’hui. Ceci est sacré. Deuxièmement, la réaction de Mohamed hassan Al Joundi à travers son syndicat (fabriqué de toutes pièces depuis un an pour des raisons électorales et perturbatrices du champ théâtral national) ne représente qu’un point de vue de trois «personnes et demie» qui constituent son pseudo-syndicat et ne mérite pas d’être discutée. Troisièmement, cette polémique qui est en train de s’installer autour de ce film est une polémique fictive qui ne concerne pas du tout le film mais qui sert comme prétexte pour régler des comptes entre professionnels du cinéma et responsables du secteur cinématographique au Maroc. Quatrièmement, le film en question est programmé en salles de cinéma pour bientôt. Il faut laisser le soin au public d’être le premier et le dernier juge de la qualité et du contenu du film.

Hassan Nafali du Syndicat national des professionnels de théâtre : «Un acte inadmissible»
D’abord, le SG du syndicat en question, qui a été à l’origine de cette polémique, n’a pas le droit de parler au nom de tous les artistes marocains. Le point de vue qu’il a exprimé n’engage que lui. En ce qui concerne notre syndicat, nous avons fait nôtre le principe de liberté de création. On a toujours été aux côtés des artistes ayant fait l’objet de tentatives de censure, à citer, entre autres, Ahmed Boulane, Saâd Chraïbi, Ahmed Snoussi, Nabil Ayouch et autres. La position du syndicat controversée contredit l’objectif qui doit être le sien : défendre le droit des artistes à s’exprimer librement, ce qui est inadmissible. En s’érigeant en « gendarme de la création artistique », il apporte de l’eau au moulin des partisans de la censure. Pour conclure, il faut rappeler que la liberté d’expression est le résultat d’un long processus de luttes.

Mohamed Nabili, artiste-peintre : « Le public est souverain»
Il s’agit ni plus ni moins de règlement de comptes entre les personnes concernées. La création, évidemment, n’a pas besoin de cela.
Elle a besoin d’un esprit large, d’une critique constructive et d’argumentation adéquate.
Bien sûr, libre à chacun d’apporter son point de vue mais à condition que cela reste dans la limite de la tolérance et que cela dépasse le problème nombriliste.
Or, comment se fait-il qu’une œuvre de création puisse faire l’objet de critique alors qu’elle n’est même pas encore visualisée par le public qui est souverain ? Il est inimaginable qu’on apporte une critique individuelle, ou d’un groupe limité, et que l’on impose cette critique à l’ensemble. L’œuvre est une série de questions et non une série de réponses négatives. A mon sens, c’est la question qui est claire et non la réponse.