Culture

A la une : S’himi : «C’est 2M qui est responsable»

© D.R

ALM : C’est quoi votre problème avec 2M ?
Chafik S’himi : 2M a arrêté le tournage de mon téléfeuilleton quatre fois de suite. Au début du Ramadan dernier, on m’a demandé d’interrompre le tournage sous prétexte que les comédiens qui fument ne pouvaient pas supporter de travailler. Le 5 décembre 2005, le gouverneur de la ville de Sidi Slimane, suite à un courrier qu’il a reçu de la part de 2M, a donné ses instructions aux autorités pour porter assistance à l’équipe technique. Mais juste après, j’ai été contacté par un responsable de 2M pour me dire que le DG de la chaîne a suspendu le tournage pour des raisons inconnues. Je n’ai reçu à cet effet ni lettre ni fax, l’ordre était simplement oral. Mais quelle ne fut ma surprise quand, le 6 janvier 2006, j’ai reçu une lettre de la part du conseiller de M. Benali à la production, Mohamed Abderrahmane Tazi, dans laquelle il m’invitait à assister au montage et au mixage du téléfeuilleton. Je me suis alors dit : Comment peut-on monter un téléfeuilleton qu’on n’a pas encore fini ? Comment peut-on me demander d’assister au montage, alors que c’est moi l’auteur et le réalisateur du téléfeuilleton ?

Nombre de vos comédiens n’ont toujours pas reçu leur dû. Qu’en dites-vous ?
C’est 2M qui prend la responsabilité de la production, comme le stipule le dernier contrat daté du 22 août dernier. C’est à elle qu’il incombe donc de payer les comédiens.  A 2M, il y a une pollution morale. Son corps est malade, tout le monde le sait. Et puis, je dois dire que j’ai été également lésé. Comment se fait-il que l’on donne 160.000 DH par épisode de 25 minutes pour des sitcoms tournées en studio avec une trentaine de comédiens, alors qu’on m’a donné 95.000 DH par épisode pour un téléfeuilleton tourné à l’extérieur avec 200 comédiens ? !

Selon le contrat que vous avez signé avec 2M, vous portez plusieurs casquettes : producteur, réalisateur, etc. N’est-ce pas trop pour un seul homme ?
Au début, 2M m’a fait une commande. Et le jour où mon travail a été accepté, on m’a dit qu’il fallait une raison sociale. Je voulais alors prendre la boîte de production « Ciné-Téléma » de Latif Lahlou, mais on n’a dit que c’était trop cher et que c’était mieux de créer une société. C’est chose faite. J’ai été voir M. Noureddine Saïl qui m’a aidé à créer cette société. Les problèmes ne se sont pourtant pas arrêtés à ce point. Dans le contrat initial, 2M exige un coréalisateur qui s’occupe de la technique pour garantir la qualité. Au bout de deux mois, il s’est avéré que ce réalisateur était un homme de studio et que, de ce fait, il n’avait pas la compétence requise pour la réalisation d’un téléfeuilleton. Nous avons contacté 2M pour lui dire que ce réalisateur n’était pas un homme du métier, la réponse ne s’est fait pas attendre : «Ou c’est lui ou on arrête le tournage», m’a-t-on dit. Cela a eu pour résultat un retard énorme. Au bout de deux mois, on n’a fait qu’une heure de tournage.