Témoignages
Cet événement, qui s’est distingué par la participation d’une pléiade d’artistes, d’écrivains et de critiques d’art a constitué la meilleure occasion pour célébrer le long parcours de l’artiste tétouanais ayant marqué de son empreinte l’art contemporain.
La session d’automne de la quarante-sixième édition du Moussem culturel international d’Assilah s’est distinguée, dimanche 5 octobre, par l’hommage rendu à l’artiste-peintre et sculpteur Abdelkrim Ouazzani. Cet événement a connu la participation d’une pléiade d’artistes, d’écrivains et de critiques d’art pour célébrer le long parcours de cet artiste. Ayant été plusieurs fois honoré au Maroc, «cet hommage qui m’est rendu à Assilah représente beaucoup pour moi. Je suis très ému d’écouter les témoignages de ces grandes personnalités de l’art et de la culture, prononcés à cette occasion», s’est exprimé avec émotion Abdelkrim Ouazzani.
En sa qualité de modérateur de la séance d’ouverture de cet hommage, le critique et chercheur universitaire Charafedine Majdouline a fait part que l’œuvre d’Abdelkrim Ouazzani, tant dans sa vision que dans sa réalisation, incarne la figure du sculpteur contemporain, marquée par une singularité stylistique manifeste et très particulière. «Son travail constitue un pont de transition entre les différentes phases de l’histoire artistique du Maroc, marquée par le doute, les expérimentations et un souffle de déplacement esthétique», a-t-il affirmé, avant d’ajouter que dès ses premières expositions, le travail d’Abdelkrim Ouazzani s’inscrit dans «l’élan impérieux de l’activité plastique marocaine – non pas dans une dynamique fondatrice, mais l’établissement des traits essentiels de ce mouvement – au moment où celui-ci commençait à attirer l’attention dans le monde arabe par ses spécificités expressives, issues d’une géographie, d’une mémoire et d’une culture méditerranéennes partagées».
A 71 ans, Abdelkrim Ouazzani a su s’imposer dans le monde de l’art par ses peintures et ses sculptures, reflétant grâce au choix des couleurs et des formes une véritable philosophie de la vie. «Ses formes ne se donnent pas pour être admirées comme des trophées. Elles offrent un espace de réflexion, un temps pour le regard et un lieu pour se souvenir», a dit Mohamed Metalsi, académicien et critique d’art, faisant remarquer que «dans cette invitation se révèle une véritable philosophie de la vie : se lancer pleinement dans son existence, s’enraciner dans le présent, face à l’accélération de la vie».
Les témoignages des intervenants ont permis de découvrir l’univers de cet artiste tétouanais, marqué par sa créativité, sa générosité et la profondeur de son travail et le choix des thèmes de ses œuvres. «Abdelkrim Ouazzani est le porte-espoir, le passeur et le conciliateur des mondes antagonistes, qui menacent de s’entredéchirer à chaque instant», a témoigné Ahmed Mjidou, académicien et chercheur en art visuel à l’Institut national des beaux-arts (INBA) de Tétouan, tout en ajoutant que pour rétablir l’harmonie, «l’artiste parcourt le monde et partage sa verve et sa créativité, le cœur et le sourire en offrande sur la main, tel un chantre du gage éternel de la camaraderie». Initié par la Fondation du Forum d’Assilah, cet événement a connu également le vernissage de l’exposition de Abdelkrim Ouazzani. C’est l’occasion pour le public de découvrir, grâce aux couleurs vives et formes fantaisistes de ses œuvres, un monde magique plein de merveilles et de jeux d’enfance.










