Abdeljebbar Louzir, un grand monument du théâtre marocain s’en va

Abdeljebbar Louzir, un grand monument  du théâtre marocain s’en va

Des artistes témoignent à propos du défunt

Il a fait rire plusieurs générations. Son humour est exalté par petits et grands en différentes occasions. C’est dire que la comédie de Feu Abdeljebbar Louzir, qui retentit toujours dans les esprits, est indélébile bien qu’il nous ait quitté mercredi soir, après avoir souffert de la maladie. La nouvelle est tombée comme un couperet pour le public marocain ainsi que pour les artistes qui l’ont apprécié ou côtoyé. Contactée par ALM, l’actrice Fadila Benmoussa avait la voix assez triste. «Notre père et professeur est parti. C’est un grand monument du théâtre marocain», s’exprime-t-elle pendant son trajet à destination de la maison du défunt tout en bénissant l’âme de l’artiste disparu. Pour elle, le départ du comédien était imprévisible. «Bien que sa maladie ait été longue, nous nous n’attendions pas à son décès en ces moments», exalte-t-elle. L’actrice ne manque pas, par l’occasion, de rappeler la souffrance du comédien avec la maladie. «Il souffrait du diabète qui a conduit à une amputation de pied. C’était un coup dur pour lui. Au cours de ces quatre dernières, il séjournait à l’hôpital et en sortait constamment», raconte-t-elle en rappelant que l’état de santé du défunt s’est détérioré après sa remarquable participation à la série à succès «Dar Lwarata» (La maison des héritiers). «C’était, en effet, sa dernière œuvre télévisée», confirme-t-elle en précisant qu’il était toujours un homme de planches. Il était d’ailleurs l’un des pionniers du théâtre et de la comédie au Maroc.

De son côté, Hicham El Jebbari, réalisateur de la série comique «Dar Lwarata» ne cachait pas son émotion. «C’est un homme dont il est difficile de se séparer parce qu’il est fort apprécié. Il a un grand effet positif sur son entourage. A ses côtés, on se sent assez à l’aise», décrit M. El Jebbari. Ce cinéaste a également eu une belle opportunité avec l’artiste décédé. «J’ai eu la chance et l’honneur de faire pratiquement ma première grande œuvre télévisée, au-delà d’autres, avec M. Louzir. Au début, je ne nie pas avoir eu une crainte de traiter avec lui parce que c’est une personne qui a une grande histoire et expérience en théâtre, «drama» et cinéma marocain. D’ailleurs, «Dar Lwarata», qui était sa dernière grande œuvre, était l’une des plus belles séries présentées sur la télé marocaine et j’en suis fier. Elle m’est également assez chère tout comme M. Louzir. Depuis, nous n’avons jamais coupé les ponts», reconnaît le réalisateur. Cet artiste n’hésite pas à remonter le temps. «Depuis la première séquence, il procure un sentiment de paix et donne une valeur et une singularité.

C’est comme si je travaillais avec un parent proche». «Son décès était un choc pour moi, la scène artistique et le public marrakchi qui le prenait pour un symbole. Hélas, la maladie n’était pas clémente avec lui ces derniers temps. Il en a beaucoup souffert. Malgré son état de santé et handicap, il a gardé son côté d’artiste jeune toujours prêt à tourner à n’importe quel moment. Il a toujours gardé le sourire et l’humour. Comme il a continué à procurer la même paix», avance le cinéaste. Selon cet artiste, le défunt a éventuellement travaillé sur un téléfilm après «Dar Lwarata». «Avec moi, il était invité d’honneur dans la sitcom «Ouch El Banat» (Le nid des filles)», ajoute M. El Jebbari qui indique que le souvenir du défunt, qui a toujours été passionné par l’art, sera immortel.

Né à Marrakech en 1932, l’artiste, «décédé naturellement» comme l’a annoncé Ahmed, son fils, est aussi l’une des figures artistiques de premier plan qui ont marqué la scène artistique du Royaume en général et celle de Marrakech en particulier.
C’est en 1948 que le comédien avait fait ses premiers pas sur scène en intégrant la fameuse troupe «Al-Atlas» de Moulay Abdelouahed Hassanein, l’école artistique qui a fait émerger les grands du théâtre marocain.
Ce grand homme de la scène artistique a également joué plus de 80 pièces théâtrales ici et ailleurs. Son premier rôle était dans la pièce à succès «El Fatmi et Daouia» (1951), qui a été jouée devant Feu Sa Majesté Mohammed V au Palais Bahia à Marrakech en 1957.

Feu Abdeljebbar Louzir, qui a brillé de mille feux également en tant que comédien, aux côtés du regretté artiste Mohamed Belkass, a interprété plusieurs rôles dans une série de pièces théâtrales, de séries télévisées et de films de haute facture, notamment «Al-Haraz» (1968), «Hallaq Derb Al-Fouqara» (1982) et le film «Ouled Mou» (2009).
Et ce n’est pas tout ! Abdeljabbar Louzir était également connu par son militantisme pour l’indépendance du pays et ses activités nationalistes, ainsi que par son passage dans les rangs de l’équipe de la ville ocre, Kawkab Athlétique Club de Marrakech (KACM). Un parcours épatant d’un artiste inoubliable pour tant de Marocains.

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