Culture

Armée : une caravane pour l’histoire

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Deuxième étape fructueuse dans la tournée nationale de la Caravane de l’histoire militaire et du livre. Après Salé, c’était au tour de la ville de Kénitra d’accueillir vendredi dernier cette Caravane ayant pour objectif d’éclairer l’opinion publique sur le parcours original des Forces armées royales. A cette occasion, une journée d’étude très édifiante a été organisée à l’Ecole royale des études militaires supérieures de Kénitra. Lors de cette journée, chercheurs et officiers supérieurs des FAR sont intervenus sur différents thèmes.
Le cycle des interventions a été ouvert par l’historien Mohamed Bourass, qui a planché sur «Les racines de l’histoire militaire». A travers son exposé, cet académicien a reconstitué l’histoire des différentes écoles militaires internationales, soulignant que l’expérience chinoise en la matière est la plus ancienne.
Selon ce chercheur, l’expérience chinoise aurait été instituée il y a 2500 ans. De ce fait, elle primerait les écoles allemande, britannique, française et en dernier lieu l’école américaine. Après avoir remonté les origines de l’histoire militaire internationale, M. Bourass a cédé la parole au colonel Ahmed El Bassiri, qui est intervenu pour sa part sur le thème «La naissance de l’histoire militaire et l’importance de son enseignement dans les écoles et autres instituts militaires nationaux».
L’intervention de M. El Bassiri s’est articulée autour de trois axes: «L’étude de l’histoire militaire du point de vue de quelques grands stratèges militaires», «L’enseignement militaire à travers différentes expériences précédentes» et «L’importance de l’étude de l’histoire militaire dans la formation des dirigeants et des officiers de l’armée».
S’agissant du premier axe, M. El Bassiri a cité en exemple le point de vue du maréchal Foch qui aurait beaucoup insisté sur la nécessité d’étudier l’histoire militaire pour apprendre les techniques de la guerre et du coup éviter la défaite. En ce qui concerne le deuxième axe, le colonel a appelé à tirer des conclusions de l’expérience de l’école allemande qui consacre une discipline à part entière à l’enseignement de l’histoire militaire.
En dernier lieu, M. El Bassiri a souligné la nécessité d’une relecture du présent à la lumière des expériences militaires passées. A cet effet, il a proposé la création d’un département pour l’enseignement de l’histoire militaire dans les écoles de formation nationales. Troisième et dernier intervenant, le professeur Zine El Abidine Al Husseini, qui est revenu, quant à lui, sur «L’arsenal naval sous le règne des Almohades». D’après ce chercheur, les Almohades auront réussi à construire un arsenal naval puissant pour imposer leur domination, non seulement du côté de l’Atlantique mais aussi et surtout sur l’Andalousie.
Après ces interventions, place à une visite guidée au sein d’un auto-car reconverti en bibliothèque ambulante.
Plusieurs rayons sont aménagés à l’intérieur de ce véhicule pour accueillir les différents livres écrits sur l’histoire militaire nationale et internationale. Parmi les ouvrages exposés, on a pu apprécier celui qui renferme les actes du Congrès international d’histoire militaire qui s’est déroulé en août 2004 à Rabat.
Cette Caravane, initiée par la Commission marocaine d’histoire militaire, fait partie de plusieurs autres dispositions visant à faire connaître le patrimoine des Forces armées royales et encourager la recherche scientifique.