Exposition
Dans le cadre de la 3ème édition de l’événement «Mai de la Photo», consacrée cette année au thème «Mémoire(s)», le Musée d’art contemporain africain Al Maaden accueille «Under Destruction» d’Ismail Alaoui Fdili. Un projet de photographie documentaire qui interroge la destruction des paysages naturels et urbains à travers les chantiers.
Le Musée d’art contemporain africain Al Maaden de Marrakech (MACAAL), relevant de la Fondation Alliances s’apprête à accueillir « Under Destruction», une exposition d’Ismail Alaoui Fdili. Prévue du 2 mai au 2 août 2026, cette exposition est organisée dans le cadre de l’événement « Mai de la Photo», initiée par l’Institut français. Commissariée par Farah Maakel, responsable des expositions au Macaal, « Under Destruction » est un projet de photographie documentaire qui interroge la destruction des paysages naturels et urbains à travers les chantiers. «Il s’est développé dans différents contextes, notamment à Sihanoukville (Cambodge), à Bouskoura (Maroc) et à Romainville (France).
Pour cette exposition au Macaal, le travail se concentre sur Casablanca, ville natale de l’artiste, et plus précisément sur les quartiers autour de l’ancienne médina, où plusieurs immeubles d’architecture du début du XXe siècle, de style art déco, sont aujourd’hui en cours de démolition, remplacés progressivement par des constructions plus standardisées et industrielles», expliquent les organisateurs. À travers ce travail, l’artiste documente les derniers moments de ces lieux, au plus près des habitants et des travailleurs. L’exposition s’attache à montrer ce moment de bascule où le présent se transforme en mémoire, et cherche à inscrire cet instant de la démolition sur le béton, comme on marquerait dans la pierre. Les photographies observent les gestes de travail, la récupération des débris et les formes de survie des travailleurs, eux-mêmes issus de la médina, qui cherchent à préserver des fragments de cette ville qu’ils ont habitée.
Elles témoignent également d’un moment d’attente partagé, entre appréhension et soulagement, vécu par une partie des habitants, alors que leur environnement disparaît progressivement. «Les œuvres prennent la forme de fresques imprimées sur des plaques de béton et de ciment préfabriqué, parfois découpées et assemblées en reliefs. Une série de tabourets moulés en béton, inspirés de ceux sur lesquels des femmes et des enfants s’installent pour observer leurs maisons disparaître, complète l’installation. La fabrication des œuvres a lieu dans les parties encore intactes de la médina, en collaboration avec des artisans de la médina, dont l’un a habité dans l’un des immeubles aujourd’hui détruits. Ces échanges s’inscrivent dans une démarche de transmission et de valorisation des savoir-faire locaux, au sein même d’un territoire en pleine transformation», explique-t-on.
En effet, un film documentaire en noir et blanc accompagne l’exposition. Il adopte une approche contemplative et montre les usages quotidiens de l’immeuble, les gestes de ses habitants, puis les différentes étapes de sa démolition. Une voix off, portée par un habitant de la médina, accompagne les images et inscrit le récit dans une mémoire vécue. À travers cette exposition, Ismail Alaoui Fdili propose également une réflexion personnelle liée à la disparition d’un quartier qui lui est familier, tout en mettant en lumière la résilience des habitants et des travailleurs face à ces transformations. Comme le résume l’artiste, « le présent se transforme toujours en souvenirs », au moment où la disparition des lieux devient déjà mémoire.










