Immersion
«Yves Saint Laurent en scène», tel est l’intitulé de la nouvelle exposition visible au musée Yves Saint Laurent de Marrakech. Elle met en lumière la relation du génie créatif du couturier pour les arts de la scène. Elle propose une scénographie immersive qui plonge le visiteur dans l’effervescence des coulisses. Découverte !
Le musée Yves Saint Laurent Marrakech (mYSLm) vient d’inaugurer une nouvelle exposition inédite baptisée «Yves Saint Laurent en scène». Ouverte jusqu’au 5 janvier 2027, elle est dédiée aux costumes et décors de théâtre, music-hall et ballet. Elle explore en effet une facette moins connue, pourtant fondamentale, du génie créatif d’Yves Saint Laurent : sa passion dévorante pour les arts de la scène, née de son premier choc esthétique, alors qu’il n’avait que 13 ans, à Oran, en Algérie. «Cette exposition rend hommage et retrace toutes les collaborations d’ Yves Saint Laurent qu’il a eues avec le monde de la scène», a déclaré à ce sujet Domitille Éblé, co-commissaire de l’exposition. Pour sa part, Alexis Sornin, président du musée Yves Saint Laurent Marrakech a indiqué que «c’est la première fois depuis l’ouverture du musée en 2017 que nous présentons une exposition qui n’a pas affaire directement avec la mode mais plutôt avec les relations de travail que Yves Saint Laurent entretenait avec les arts de la scène, le théâtre et Music Hall. L’exposition réunit cent cinquantaine œuvres alliant photographies, textiles, vidéos… l’ensemble parle de travail d’un costumier mais aussi couturier».
Un costumier visionnaire
Conçue comme le prolongement naturel d’un premier volet présenté à la Fondation Nicola Del Roscio à Rome en 2024, cette exposition constitue un « Acte II » exclusif. Si l’essence du projet initial demeure, l’étape de Marrakech se distingue par une ambition renouvelée, enrichie de pièces inédites. Grâce aux collections et archives de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent à Paris et à des prêts internationaux d’exception, le parcours offre une lecture approfondie du dialogue ininterrompu entre le couturier et le spectacle vivant. Universellement célèbre pour avoir révolutionné la garde-robe féminine, Yves Saint Laurent fut aussi un costumier visionnaire. L’exposition met en lumière cette vocation précoce, magnifiée par les maquettes de son «Illustre Théâtre » de carton. De sa complicité avec Roland Petit pour Cyrano de Bergerac à ses créations pour Zizi Jeanmaire et son mythique «Truc en plumes», le couturier n’a eu de cesse de rechercher le mouvement, la liberté et l’incarnation du personnage. Comme le révèle ce parcours sensible et pédagogique, le costume n’était pas pour lui un simple ornement, mais une seconde peau destinée à sublimer le geste. Des icônes de la scène française, de Sylvie Vartan à Johnny Hallyday, ont vu leur présence scénique sublimée par la griffe du maître, qui transformait chaque costume en prolongement de leur personnalité et de leur énergie sur scène.
Costumes originaux, dessins et archives rares
Loin d’une présentation statique, «Yves Saint Laurent en scène» propose une scénographie immersive qui plonge le visiteur dans l’effervescence des coulisses. Le dispositif met en regard des dessins préparatoires très vivants, des costumes originaux parfois confectionnés par les ateliers renommés Karinska, des décors et des archives rares. Le public est ainsi invité à saisir l’instant précis où le croquis devient costume, où le tissu « rend le personnage vivant », dans un hommage constant à la couleur de Léon Bakst. Cette exposition entre en cohérence avec la programmation annuelle du mYSLm, réaffirmant la vocation du musée comme lieu de création, de transmission et de dialogue entre les arts.
Le jardin Majorelle lance «Fondation Jardin Majorelle Prize»
Concours Véritable joyau botanique et culturel, le Jardin Majorelle ne cesse de se réinventer. Aujourd’hui, la Fondation Jardin Majorelle franchit une nouvelle étape dans son soutien à la création contemporaine en annonçant l’ouverture du concours national pour la conception du second Pavillon Temporaire de la Villa Oasis. «Plus qu’un appel à projets, il s’agit d’une main tendue vers la nouvelle génération de l’architecture marocaine, lui offrant ainsi l’opportunité d’oser, de bâtir, et d’exposer au sein de l’un des sites les plus visités du Royaume», indique la Fondation Majorelle. Cette initiative s’inscrit dans le sillage du centenaire du Jardin Majorelle. Pour inaugurer ce cycle d’interventions contemporaines, Madison Cox, président de la Fondation, avait confié en mai 2024 une carte blanche à l’architecte Hiba Bensalek. Son pavillon de 100m2, geste inaugural éphémère et écologique présenté en juin 2025, a ouvert la voie en montrant que la modernité peut dialoguer respectueusement avec la mémoire des lieux. Le concours 2026 souhaite prolonger cet état d’esprit. Il invite les candidats à imaginer un successeur à cette première œuvre : un pavillon capable de dialoguer avec l’histoire tout en répondant aux enjeux architecturaux de demain. Le cahier des charges invite ainsi à une réflexion exigeante et sensible, fondée d’une part sur l’intégration harmonieuse du projet au cœur de la luxuriance végétale du jardin, d’autre part, sur une approche écologique rigoureuse privilégiant des matériaux durables, apte à susciter l’émotion en offrant aux visiteurs une expérience immersive inédite, où l’architecture est présente.










