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Bande dessinée : L’art et la manière

Bande dessinée : L’art et la manière

La ville de Tétouan abrite dans quelques jours et pour la deuxième fois, le Festival international de la BD (FIBD). Du 19 au 21 mai, l’institut national des beaux-arts de Tétouan sera le havre des expositions et des débats autour du thème de la bande dessinée. Ce festival organisé en partenariat avec la délégation de Wallonie Bruxelles au Maroc prévoit des ateliers spécialisés, des projections de films ainsi que des rencontres avec quelques créateurs de BD. Au programme entre autres, une rencontre avec le bédéiste espagnol Filipe Hernandez Cava qui fera une conférence le samedi 21 mai sur «La bande dessinée espagnole». Du côté marocain, il y aura également un débat sur «La diffusion de la bande dessinée au Maroc, quelles perspectives ?».
Un débat qui s’impose, étant donné que l’art de la bande dessinée au Maroc est encore balbutiant. C’est un secteur qui commence à faire ses premiers pas au Maroc, alors qu’ailleurs il s’est déclaré au début du 19ème siècle. Le Maroc serait donc très en retard dans ce domaine, et cela possède selon les spécialistes plusieurs explications. La thèse la plus défendable est celle qui rejoint le statut de l’image dans les pays arabo-musulmans. Selon Saïd Bouftass dessinateur et gérant d’une agence de graphisme, «A l’instar des autres pays arabo-musulmans, le Maroc a toujours souffert d’avoir un statut de l’image assez particulier». L’image et la représentation dans les pays musulmans étaient taboues. La preuve, l’imprimerie est restée interdite jusqu’au 19ème siècle. C’est ce qui expliquerait le retard qu’a connu le secteur de la bande dessinée au Maroc. Et jusqu’à ce jour, ce neuvième art n’a pas encore pris un élan de force.
En témoigne, le manque flagrant de dessinateurs de bande dessinée au Maroc. En tout et pour tout, ils seraient à peine cinq dessinateurs à s’investir dans ce domaine de la bande dessinée. Aussi, l’autre raison majeure qui explique le balbutiement du 9ème art au Maroc est à chercher du côté de manque de moyens. «S’investir dans la bande dessinée exige beaucoup de moyens financiers», explique Saïd Bouftass. Ce dernier, dans le courant de l’année 2000, crée une Bande dessinée intitulée Boom magazine. Mais quelques mois après il était obligé d’en arrêter la diffusion. «Notre obstacle majeur c’était l’impression, et en plus de cela les distributeurs s’acquittent de 50%, ce qui fait qu’il faut avoir un fonds de roulement très costaud pour survivre »déclare Saïd Bouftass. Mais malgré ces incidents, ce dessinateur reste optimiste quand à l’avenir de la BD au Maroc. Selon lui, cet art a une grande acceptation au Maroc. «Il a été prouvé que chez nous, on lit plus facilement une image qu’un texte, donc, la bande dessinée ne peut être que bien perçue et aimée» ajoute Bouftass. Cependant, il reste qu’il faudrait avoir les moyens et le soutien nécessaire pour la pérennité d’un projet de bande dessinée.
En tout cas, Saïd Bouftass a trouvé la solution de rechange : «créer une BD interactive qui pourrait être accessible à tous à partir d’un simple clic sur Internet ». Mais est-ce bien là la seule solution qui viendrait dégraisser la machine qui freine l’élan de la bande dessinée au Maroc ?  Certains, voient et pensent, que le hic existe aussi du côté de l’absence de formation. Pour avoir des bandes dessinées, il faut des dessinateurs qui maîtrisent cet art. Il faudrait donc proposer dans les écoles d’art des formations au métier de bédéiste. Une façon peut être d’augmenter leur nombre. Et qui sait peut-être qu’une BD de la qualité «d’Astérix et Obélix» ou de «Tintin» pourrait voir le jour au Maroc ?

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