Bousselham Daif capture les changements du présent en pleine ère numérique

Bousselham Daif capture les changements du présent en pleine ère numérique

L’intrigue se déroule dans le quartier «Hamria» à Meknès

L’auteur et metteur en scène marocain Bousselham Daif vient de publier un roman intitulé «Studio Hamria» chez la maison d’éditions «Agora». «C’est un roman qui saisit, avec une âme poétique, les changements de la présente époque à l’ère de la mutation numérique. Le tout avec un récit à couper le souffle et des personnages inspirés de la réalité marocaine», précise le romancier à propos de son oeuvre. Quant au titre, il est, comme le détaille l’auteur, étroitement lié à l’intrigue du roman. «Dans la ville de Meknès, il y a un quartier connu par le nom de «Hamria» où se trouve un studio photographique. De plus, le personnage principal de l’oeuvre est un photographe», explicite l’écrivain. Bousselham Daif compte d’autres livres à son actif. C’est le cas de l’ouvrage «Le théâtre, un atelier ouvert».

Cette publication, réalisée par la troupe «Chamat» et l’établissement «Afaq» pour les études, l’édition et la distribution, émane de l’expérience vécue de l’auteur. «Ce projet constitue d’autres reflets pour le théâtre d’un côté pratique. De l’écriture à l’interprétation, en passant par les répétitions, ce livre crée son propre horizon», enchaîne-t-il. A son sens, cette publication est un espace pour l’ouverture de l’expérience en théâtre afin d’en révéler quelques dessous tout en la partageant avec le lecteur. C’est aussi un espace pour poursuivre le parcours initié par certains metteurs en scène, réfléchir à propos du théâtre à partir du concret. «Le livre est, de plus, un espace pour partager d’autres expériences qui ont influencé ma conception de la pièce de théâtre. C’est un espace qui considère plutôt que les planches sont un atelier ouvert sur l’autre et dans le temps», avance le dramaturge.

En tout, ce qui lui importe c’est le parcours qu’il a fait. «Une trajectoire à ses débuts», estime-t-il en qualifiant également le théâtre d’atelier «inachevé». «C’est cet inachevé et l’ouverture qui font l’essence du théâtre voire sa force», avance l’écrivain qui a également publié deux pièces de théâtre. Il s’agit de «Mesk Ellil» (Jasmin de nuit) et «Rass El Hanout» (Mélange d’épices) édités par le centre international des études du show. En outre, il a mis en scène plusieurs pièces de théâtre comme «Tout à propos de mon père» et «Néant» qu’il a eu l’occasion de présenter dans les pays arabes et en Europe le temps de festivals arabes et internationaux.

Traduction d’un passage du nouveau roman

«Mon père n’appréciait ni les photos ni les photographes. Mais, de par la pression des procédures administratives, il était obligé de prendre des photos d’identité à nous, moi et mes frères. Après quoi, il a brûlé toutes les photos qui se trouvaient à la maison. Aussi, les photos de ma mère ont été brûlées. Je n’ai plus de photo à moi quand j’étais petit. Lorsque je regarde les photos de mes amis enfants, je me sens déraciné. C’est comme si j’étais une personne sans passé, sans mémoire. J’essaie d’imaginer les objets, les visages et les murs tels qu’ils étaient et sont devenus. Je ne vois que le vide et je n’imagine pas que ma vie ait un avenir tant que je ne possède plus de traces indiquant que j’existais dans le passé».

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