Culture

Carnet de voyage : Méditerranée : les vagues de la paix (8)

© D.R

A 15 heures, nous arrivâmes pile à Sabrata. Une lumière crue baignait ce majestueux site romain, drapé dans un silence quasi-religieux. On n’entendait pas un seul bruit, sinon celui des vagues qui venaient se fracasser contre des rochers solitaires. Au seuil du site, quelques échoppes isolées proposaient aux touristes des ice-creams pour rafraîchir des gorges déshydratées, tellement il faisait chaud ce jour-là. Les pacifistes, eux, se dispersèrent aussitôt arrivés. Le site se présentait comme un dédale, la mosaïque architecturale romaine donnait le vertige. Pour éviter de s’égarer, les pacifistes s’étaient fixé pour point de repère l’hémicycle du théâtre romain.
Un bel édifice resté intact, en dépit du risque d’érosion dû à sa proximité de la mer. On se demandait pourquoi les Romains avaient choisi la côte pour ériger cette somptueuse bâtisse, notre question était restée en suspens. Il était difficile d’imaginer ce que le théâtre, implanté généralement au centre des agglomérations urbaines, venait faire dans un endroit se situant à deux enjambées de la Méditerranée.
Pouvait-on mettre cela sur le compte du passé maritime prospère des Romains ? Pourquoi alors Carthage (Tunisie), ou plus encore Volubilis (Maroc), élirent domicile dans des villes intérieures ? Peut-être cela est-il dû à la particularité de la nature libyenne, un immense désert. C’est ce que nous constatâmes lors du trajet Tripoli-Sabrata, une succession à perte de vue de plaques de dunes formées d’immenses hamadas pierreuses et rocheuses. Un décor à nul autre pareil, sous lequel grouille un monde complexe de petites bêtes, dont ces mula-mula, petits oiseaux noirs à tête blanche, qui ne sortent que la nuit pour se nourrir.
A 18h00, nous dûmes rebrousser chemin. A 20 heures, après une pause-dîner, les pacifistes se rendirent sur la grande place de Tripoli, située à proximité de la corniche. Là-bas, une grande estrade fut aménagée. Une soirée de chant et danse devait s’y dérouler, elle sera animée conjointement par des Libyens et des artistes du «Constanta». Une immense foule s’était rassemblée devant le podium, la communion était assurée. Les barrières entre scène et parterre tombèrent, artistes et spectateurs communièrent dans l’amour du folklore libyen, sur le registre aussi bien de la musique que des costumes traditionnels. Ce show sera couronné, le lendemain dans l’après-midi, par un défilé artistique des saltimbanques du «Constanta» à travers les ruelles de Tripoli. Ce sont là quelques moments inoubliables ayant ponctué l’escale libyenne, dernière étape maghrébine de la croisière pacifiste. Le «Constanta» devait, par la suite, lever le voile vers Malte. Le 9 juillet, au soir, le destroyer fit son entrée dans le port «La Valette». A l’arrivée, un beau show se déclencha à quai. Des spectacles sur échasses, des jeux de clowns, des sons de fanfares…
Au milieu de ce tourbillon de bruits et de couleurs, on constata avec surprise la présence d’une poignée d’enfants vêtus de djabadors, chaussés de babouches et coiffés de tarbouches rouges. Avions-nous débarqué dans un pays arabe ? Le «Constanta» ne s’était-il pas trompé d’adresse ? Nous fûmes bel et bien à Malte, située à quelques miles du pays de la Botte (l’Italie). Le Rocher, se tenant à mi-chemin de la Libye et de l’Italie, fut occupé par les Arabes pendant cent ans. Il gardait encore et toujours les traces de cette présence arabe, perceptible non seulement à travers ses édifices historiques mais aussi l’accent des Maltais. Dans le discours de bienvenue prononcé par un représentant des autorités de la Valette, on releva quelques mots d’origine arabe tels «lila» (soirée), «marhba» (bienvenue)…

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