Ahmed Baidou réécrit la bataille «Ait Abdellah» en son et image

Ahmed Baidou réécrit la bataille «Ait Abdellah» en son et image

Le réalisateur se prépare à tourner «Paroles en plomb»

«La raison de notre réflexion de mener cette expérience de fouiller dans l’histoire de la résistance marocaine est d’évoquer les exploits des résistants et martyrs ayant péri dans les batailles contre les colonisateurs français et espagnol».

Le cinéaste marocain Ahmed Baidou s’apprête à tourner son nouveau film  historique intitulé «Paroles en plomb». Une production qui, selon le réalisateur, aborde la bataille «Ait Abdellah» fort méconnue par des générations. Ce film historique, qui sera, selon ses dires, interprété en darija, amazigh et français, sera tourné dans la région du Souss-Massa, ainsi que dans les provinces de Tiznit, Taroudant, Chtouka Ait Baha et Agadir Idaoutanan.

Pour réaliser son œuvre, le cinéaste s’entoure d’un casting de renom. Il regroupe ainsi les stars Mohamed Miftah, Abdellatif Atif, El Houssine Berdouaz, Mohamed Khouyi, Nisrin Radi et Noureddine Touami. Et ce n’est pas tout. L’acteur espagnol Anarcho Matrucha et l’actrice française Claire Delemaire ainsi que d’autres sont de la partie.      

Concernant les références, la société Tram, productrice de ce long-métrage, a recours à des historiens dont Ahmed Boumezkou, Omar Amarir et Ahmed El Khenboubi, ainsi qu’aux écrits du journaliste défunt Hamza Abdellah Kacem, directeur de publication du journal «Adrar».

A propos du motif de cette œuvre, le réalisateur, également producteur, précise : «La raison de notre réflexion de mener cette expérience de fouiller dans l’histoire de la résistance marocaine est d’évoquer les exploits des résistants et martyrs ayant péri dans les batailles contre les colonisateurs français et espagnol». Cette évocation fait l’idée du film dont la démarche consiste, comme il l’explicite, à «réécrire l’histoire en son et image pour commémorer les militants et martyrs». Selon ses dires, cette œuvre relate la bataille «Ait Abdellah» ayant eu lieu en 1934. Une période phare de l’épopée de libération ayant opposé les armées françaises aux résistants marocaines issus des tribus du Sud marocain. Cette bataille, qui a eu lieu aux alentours des montagnes du Moyen-Atlas, a engendré plusieurs pertes humaines et matérielles chez les armées françaises. Elle tire son appellation des tribus «Ait Abdellah» ayant été la cible du colonisateur français. Ce fait historique est également marqué par la parole exprimée par l’éminent résistant Haj Abdellah Zakour : «Plus de balles, plus rien à dire». Une expression qui met fin à une longue confrontation contre le colonisateur français.

De son côté, le scénariste Ali Dah indique avoir «allié le réel à l’imaginaire pour écrire un récit dramatique basé sur le show cinématographique en créant le suspense pour garantir une grande audience pour le film».

Outre l’image et le son, l’approche du réalisateur se base, d’après lui, sur «une recherche de terrain et des témoignages enrichissants». Il est question de mettre en lumière l’histoire de la région qui, pour lui, a eu un rôle dans la résistance nationale. Mieux encore, des hommes ont sacrifié leur vie avec des femmes. «Les écrits sur ces résistantes ne sont pas nombreux. Leur histoire se limite à l’oral. Ainsi, elles sont oubliées», enchaîne-t-il.

Cela étant, le film est, pour lui, un témoignage vivant sur cette bataille dont les événements les plus importants sont traités minutieusement. C’est aussi une expérience basée sur l’imagination en se référant à l’histoire tout en la glissant dans une peau cinématographique. De quoi faire l’intérêt de l’œuvre. 

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