Je campe «Idir», un Kabyle, dans le film belge «Des hommes»

Je campe «Idir», un Kabyle, dans le film belge «Des hommes»

Entretien avec Ahmed Hammoud, acteur et metteur en scène

Ahmed Hammoud est l’un des acteurs et metteurs en scène confirmés. Il est plus connu sur la scène cinémato-graphique étrangère que marocaine. Il s’est distingué d’ailleurs dans le film international «Mimosas : La voie de l’Atlas» d’Oliver Laxe, en interprétant le rôle principal. L’acteur qui joue aux côtés de Gérard Depardieu ou Jean Pierre Darroussin dans le film belge «Des hommes» de Lucas Belvaux (retenu au festival de Cannes 2020), revient dans cet entretien sur son parcours, ses films marquants
et ses projets.

ALM : Parlez-nous d’abord de votre parcours…

Ahmed Hammoud : Je suis né à Khemisset dans une famille nombreuse. Tout petit, j’ai commencé à faire du théâtre à l’école dans le cadre des activités parascolaires. Au lycée, j’ai pu participer avec les étudiants à un festival de théâtre francophone en Roumanie et on a eu le grand prix. C’était vraiment génial, car nous étions le seul pays du sud de la Méditerranée à participer à ce festival aux côtés des pays européens et le Canada… Après le lycée, j’ai intégré l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC) dont j’ignorais l’existence à l’époque. Je l’ai découvert, d’ailleurs, un jour par hasard en passant derrière le Théâtre Mohammed V et inconsciemment, je me suis retrouvé en train de monter les marches jusqu’au cinquième étage. En dehors de l’école, j’ai participé à un atelier parascolaire que nous avons initié entre étudiants, mais aussi avec de jeunes acteurs. D’ailleurs, ce fut le noyau de la compagnie Théâtre Daha Wassa. Un théâtre qui s’investit dans la recherche plutôt que dans la production des spectacles….

Vous participez dans le film «Des hommes» du cinéaste franco-belge Lucas Belvaux retenu à la sélection officielle du festival de Cannes 2020. Pouvez-vous nous en parler ainsi que de votre rôle ?

Le film est une adaptation du roman ‘’Des hommes’’ de Laurent Mauvignier. Il parle en effet de la guerre d’Algérie sous un angle très intéressant : le traître est l’héros dans l’autre camp et vice-versa… il faut savoir que la situation coloniale en Algérie était très tendue car il y avait beaucoup d’Algériens (les harkis) qui croyaient profondément dans le projet colonial français qui rapporterait prospérité et modernisation, de l’autre côté les fellaga, des Algériens nationalistes qui proclament et revendiquent l’identité arabo-amazigho-musulmane -si j’ose dire- et bien évidemment l’indépendance. Alors qui a raison ? Qui a tort? Au final, ça reste une question de points de vue. Mais la question revient sans cesse : Pourquoi tant de morts?… Je n’en dirais pas plus, pour ne pas vous spoiler. Concernant mon rôle, je campe «Idir» un harki kabyle très doux, serviable et courtois. D’ailleurs, je suis tombé amoureux de ce personnage. Je joue aux côtés de grands acteurs talentueux à l’instar de Gérard Depardieu, Jean Pierre Darroussin, Yoann Zimmer, Catherine Frot et Felix kysyl.

Comment s’est fait le choix de ce rôle ?

On m’a appelé pour un casting, j’ai préparé mon texte, j’y suis allé, j’ai rencontré le réalisateur Lucas, j’ai fait quelques essais. J’ai tout de suite senti que le courant passait entre nous, c’est un grand metteur en scène.

Vous avez participé dans plusieurs films marocains et notamment étrangers, quel film vous a profondément marqué ?

En réalité, j’ai participé plus dans des films multinationaux que marocains. Je ne sais pas si on peut considérer “Mimosas : La voie de l’Atlas’’ (dans lequel j’interprète le rôle principal) comme un film marocain. Ceci n’a pas été accepté au Festival national du film à Tanger, car c’est une production multinationale. Je participe aussi dans l’autre film «Zanka Contact» de Ismael El Iraki qui est aussi une production belgo-franco-marocaine… Sinon, les autres films sont étrangers. Chaque film a son charme, et mon engagement est toujours le même…

Vous êtes metteur en scène et vous dirigez la compagnie Daha -Wassa. Quels sont les projets de la troupe ?

Nous sommes toujours dans notre logique de travail et de recherche. On se voit presque tous les jours et on organise des séances de travail sous forme corporelle et vocale. Et si toutefois il y aura un spectacle dans un an ou deux ça sera l’aboutissement de tout cela.

Où vous sentez-vous le plus à l’aise, au cinéma ou bien au théâtre ?

Ce sont deux arts totalement différents. Sauf que pour moi, la tâche de metteur en scène que j’ai au théâtre n’est pas la même au cinéma puisque je joue. Alors, je peux dire que le cinéma est moins lourd pour le moment.

Selon vous, comment évolue le théâtre au Maroc?

Je crois qu’il y a un énorme potentiel, il faut être à la hauteur et en profiter….

Quels sont vos projets à venir?

Pour le moment, j’ai reçu deux propositions de scénarios qui m’ont beaucoup intéressé, et dès la fin du confinement, je passerai à l’action.

 

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