Tous les microcosmes de la société marocaine évoqués dans «Une Urgence ordinaire»

Tous les microcosmes de la société marocaine évoqués dans «Une Urgence ordinaire»

Entretien avec Mohcin Besri, réalisateur

Après avoir été projeté au Festival international du film de Marrakech et sélectionné au Busan International Film Festival (plus important festival de cinéma en Asie), «Une Urgence ordinaire», deuxième long métrage du réalisateur maroco-suisse Mohcine Besri, arrive dans les salles obscures. A la fois poignant et ironique, ce film présente une métaphore des maux de notre société. 

ALM : Comment est née l’idée de ce film?

Mohcin Besri : J’avais envie de faire un film social, traité sous forme d’une comédie noire, abordant la situation au Maroc, d’une manière générale tous les maux, une espèce d’état des lieux. Et du coup, étant donné que tous les problèmes sont interconnectés et qu’on connaît l’importance de la santé, un pilier d’une société quelle qu’elle soit, j’ai pris cet angle. C’est-à-dire que la santé est la première couche du film, mais à travers cette problématique-là, on découvre que tous les microcosmes de la société marocaine sont évoqués dans ce film.

Votre film aborde la problématique de la santé dans notre société. Est-ce qu’on peut dire que le cinéma peut changer des choses ?

Le cinéma peut rappeler des choses. Il peut éventuellement montrer des choses sous des regards différents. Changer les choses ? Tous les cinéastes du monde aimeraient ce pouvoir-là. Et jusqu’à présent, on est plutôt réaliste. On ne peut pas changer des choses, c’est rare et prétentieux. Mais ça n’empêche pas de faire ce genre de film pour espérer. En tout cas, il faut mettre des choses sous la lumière et amener à la réflexion ou inviter à la réflexion à un certain sujet.

Votre film finit avec une musique de groupe N3rdistan. Comment s’est fait le choix de cette formation ?

J’avais découvert la chanson de ce groupe en 1984 et que j’avais trouvée trop belle, en même temps elle correspondait parfaitement au film. Une fois trouvé, je l’ai contacté et entre-temps, on est devenus des amis. On a collaboré ensemble. J’aime bien ce qu’ils font et j’ai trouvé que son opus collait parfaitement avec l’esprit du film.

Le film a été projeté au FIFM, et dans plusieurs festivals internationaux, quels sont les échos que vous avez eus de son accueil ?

C’étaient plutôt des échos positifs que ce soit à l’extérieur du Maroc ou à l’intérieur. C’est ce qui fait penser que le public marocain a des chances d’adhérer à ce film parce que les réactions du public dans les endroits où le film a été montré au Maroc étaient très positives. Les gens m’ont dit qu’on a l’impression que ce film parlait de nous-mêmes et de nos quotidiens.

D’après votre parcours, vous êtes de formation scientifique, qu’est-ce vous a poussé à opter pour le cinéma ?

La passion. J’étais toujours passionné par le cinéma et par le théâtre. Je peux dire que, à la base, je savais dès le début que dans le milieu artistique je dois évoluer.

Vous êtes établi en Suisse. Qu’est-ce que vous a ajouté l’expérience suisse en matière de cinéma ?

L’avantage d’être en Suisse est qu’on a l’opportunité d’accéder à de nombreux films, notamment des films d’auteur et des films de réalité. De plus, en Suisse, on a beaucoup de salles de cinéma, contrairement au Maroc, et qui montrent ce genre de films. D’ailleurs, ils donnent aux enfants et aux écoliers cette espèce de formation cinéphile. Cela m’a permis probablement de pouvoir accéder aux différents cinémas du monde entier, chose qu’on a beaucoup de peine à trouver ici au Maroc.

Quels sont vos projets à venir ?

Je suis en stade d’écriture. Je prépare des projets de films cinématographiques et éventuellement de la télé. Je m’intéresse de plus aux séries télévisées. En tout cas, ce sont des projets dans ma tête et pour l’instant rien de concret. 

a propos du réalisateur

Mohcine Besri est né à Meknès. Après des études de physique-chimie à la Faculté de Rabat et quelques petits rôles dans différents films, il part en Suisse pour faire des études d’informatique, il travaillera dans la finance avant de devenir enseignant de mathématiques, en parallèle il revient au cinéma, mais cette fois pour raconter des histoires. Après quelques expériences dans l’assistanat, il tourne deux courts métrages, coécrit «Opération Casablanca», un long-métrage réalisé par Laurent Nègre, avant de monter Tamawayt Productions et de produire et réaliser son premier long-métrage «Les Mécréants». Il vit actuellement entre le Maroc et la Suisse.

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