Patrimoine
La direction régionale du département de la culture de la région de Béni Mellal-Khénifra a célébré le Mois du patrimoine culturel à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Sultan Moulay Slimane à Béni Mellal sous le thème «Pour une stratégie régionale de développement culturel, de préservation et de valorisation du patrimoine». Les travaux d’ouverture de la première édition du colloque, organisé à la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Sultan Moulay Slimane, se sont tenus mardi 12 mai 2026, à l’occasion de la célébration du Mois du patrimoine culturel.
Le patrimoine culturel constitue une composante indissociable de l’identité nationale. Il reflète la richesse de l’histoire et la diversité culturelle du Royaume. À travers cette rencontre, les organisateurs et leurs partenaires ambitionnent de mettre en lumière l’importance du patrimoine et de développer les mécanismes d’action culturelle dans ce domaine, afin d’en faire un levier du développement social et économique et un vecteur d’avenir prometteur, où le patrimoine culturel, sous toutes ses formes et expressions, joue un rôle central dans l’élaboration de projets culturels et de développement plaçant l’être humain au cœur de leurs préoccupations.
Le Mois du patrimoine, célébré du 18 avril au 18 mai de chaque année, constitue une étape annuelle pour faire le point sur les réalisations accomplies en matière de sauvegarde, de protection, de promotion et d’intégration du patrimoine culturel dans les projets de développement aux niveaux régional et national, dans la mesure où il représente l’identité et la profondeur historique du Royaume. Cette célébration constitue également une occasion de soulever des interrogations légitimes sur la réalité actuelle et les perspectives d’avenir.
La région de Béni Mellal-Khénifra se distingue par la richesse et la diversité de son patrimoine naturel, architectural et historique, ce qui lui confère un héritage culturel dense et une profondeur historique remarquable. Cette situation impose aux acteurs du développement stratégique de valoriser la composante culturelle au service de l’Homme dans cette région.
À cette occasion, plusieurs projets et chantiers réalisés dans la région dans le cadre de partenariats entre différents acteurs sociaux et institutionnels ont été mis en avant, notamment les opérations de restauration de certains monuments historiques majeurs, tels que la Kasbah Ismaïlia à Kasba Tadla et la Kasbah Zaydania dans la province de Fquih Ben Salah, pour lesquelles les études techniques et d’ingénierie ont été lancées.
Dans le cadre de la valorisation du patrimoine matériel et immatériel, un Centre d’interprétation du patrimoine culturel a également été créé au site de Aïn Asserdoun. Ce centre vise à promouvoir le patrimoine culturel matériel et immatériel de la région de Béni Mellal-Khénifra à travers des espaces d’exposition consacrés à la diversité géologique, naturelle et historique de la région, renforçant ainsi son attractivité touristique. Le centre joue désormais un rôle central dans la promotion du patrimoine culturel de l’Atlas dans la région.
La direction régionale, en coopération avec l’Université Sultan Moulay Slimane, a également œuvré à l’inscription de plusieurs compétences, traditions et pratiques culturelles, notamment dans le domaine de l’artisanat, à l’image de la «Jellaba Bziouia», ainsi que certaines pratiques artistiques et musicales telles que «la langue sifflée» et «Boughanim».
Les services compétents de la direction régionale chargés du patrimoine culturel travaillent également, en coordination avec les composantes de la société civile et les instances élues, à la préparation de dossiers visant l’inscription de plusieurs sites patrimoniaux et historiques sur la liste du patrimoine national. Le service de l’inspection des monuments historiques et des sites relevant de la direction assure, quant à lui, le suivi de l’état des édifices historiques et des sites patrimoniaux, l’évaluation de leur état de conservation ainsi que la proposition de solutions appropriées pour leur restauration, leur réhabilitation et leur protection.
La culture ne se limite pas aux arts et aux lettres ; elle constitue également un outil de développement durable. À cet égard, les différents acteurs du développement territorial sont appelés à œuvrer conjointement pour intégrer la dimension culturelle au cœur du développement global, en vue de bâtir une stratégie intégrée conciliant préservation du patrimoine et promotion du développement social et économique aux niveaux local, régional et national.
La participation d’un parterre d’enseignants-chercheurs spécialisés dans le domaine du patrimoine culturel à travers les différents axes de cette rencontre scientifique contribuera, grâce à leurs idées et visions, à débattre de plusieurs questions liées au développement de stratégies efficaces en faveur de la valorisation du patrimoine culturel. Leurs expertises constitueront une valeur ajoutée certaine pour la planification stratégique régionale dans le domaine du patrimoine culturel et son intégration dans un processus de développement régional durable.
Les organisateurs ont souligné que ces contributions permettraient l’élaboration d’une vision régionale claire visant à renforcer la conscience culturelle et à préserver le patrimoine culturel contre les risques de disparition et de négligence. Les experts du patrimoine culturel contribueront également à orienter les acteurs du développement stratégique dans la conception de programmes et de projets de développement intégrant le patrimoine culturel en tant que levier de développement.
L’ouverture de l’université sur son environnement extérieur constitue, à cet égard, une démarche positive et porteuse, susceptible de favoriser la mise à profit des expertises des enseignants-chercheurs dans divers domaines et disciplines représentant une véritable valeur ajoutée pour toute stratégie de développement.
Cette rencontre devrait déboucher sur de nouvelles visions renforçant la place de la culture et contribuant au développement durable, ainsi que sur une série de recommandations susceptibles d’être adoptées et mobilisées lors de l’élaboration de toute approche liée à la planification régionale du développement culturel et à la préservation du patrimoine.










