Covid-19 : Le cri de détresse des professionnels de la culture

Covid-19 : Le cri de détresse des professionnels de la culture

La Confédération marocaine des organismes artistiques et culturels lance un appel pour une stratégie publique

Les politiques publiques doivent être repensées et réorientées vers les secteurs qui ont démontré leur utilité et leur disponibilité pour la sécurité et le bien-être de notre société en temps de paix comme en temps de crise.

La Confédération marocaine des organismes artistiques et culturels professionnels, présidée par Moulay Ahmed Alaoui, lance un appel pour une stratégie publique de la culture et de l’art. Dans un communiqué, la Confédération rappelle que la pandémie Covid-19 qui a frappé et paralysé la planète entière a «démontré à toutes et à tous que la culture et l’art se sont révélés essentiels à la santé mentale, psychologique, affective, morale et comportementale, ainsi qu’une véritable thérapie sociétale qui nous aide quotidiennement à dépasser le stress de notre confinement».

C’est pour cette raison que la Confédération considère que les politiques publiques doivent être repensées et réorientées vers les secteurs qui ont démontré leur utilité et leur disponibilité pour la sécurité et le bien-être de notre société en temps de paix comme en temps de crise. «C’est pourquoi l’art et la culture doivent aujourd’hui disposer, comme les secteurs considérés comme primordiaux, d’une stratégie visionnaire qui repose sur une approche à la fois économique, sociale, éducative, législative, réglementaire et inclusive, et qui œuvre pour la mise en place d’un écosystème propice à son développement et à sa démocratisation spatiale», indique-t-on.

La Confédération se dit très préoccupée par les conséquences prévisibles de la pandémie. «Nous, femmes et hommes, acteurs dans le domaine de l’art et de la culture, sommes très inquiets des conséquences sociales et économiques, face à l’impact et aux conséquences que nous sommes en train de vivre et ce depuis la mise en place du dispositif du confinement si nécessaire, mais aussi si contraignant», souligne-t-on, en notant que «l’absence d’une vision stratégique pour le secteur de la culture, la modestie du budget du département de la culture, la modicité des fonds alloués par les différents bailleurs de fonds, la répartition inégale des infrastructures culturelles, la fragilité de l’écosystème culturel artistique sont des obstacles qui persistent et empêchent le secteur d’exploiter pleinement son potentiel, dissuadent souvent les investisseurs potentiels de s’engager dans des projets à long terme, et limitent la participation active à la culture».

C’est dans cet esprit que les professionnels appellent les acteurs de la culture et de l’art à les rejoindre pour demander, d’une seule voix solennelle, au gouvernement, au Parlement, aux partis politiques, aux collectivités locales, aux sponsors et bailleurs de fonds, à reconsidérer sans tarder leur perception et leur politique envers le secteur de l’art et de la culture, afin de renforcer les assises de son écosystème qui génère, faut-il le rappeler, une valeur matérielle et immatérielle inestimable et inégalée.

«Nous souhaitons lancer un débat national élargi afin d’aboutir à l’élaboration d’une stratégie claire et équitable pour le secteur de l’art et de la culture, qui devrait se traduire par des mesures et des actions, à même de hisser ce secteur en véritable levier économique et ascenseur social», exprime-t-on.
Pour rappel, la Confédération regroupe plusieurs personnalités du monde des arts et de la culture, dont Abdelwahab Doukkali, Mahmoud El Idrissi Abdekebir Rgagna, Jamal Souissi et autres.

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