Dans «La voix des images» : Nabil Bahya explore les états d’âme en milieu urbain

Dans «La voix des images» : Nabil Bahya explore les états d’âme en milieu urbain

Pour le critique d’art, l’artiste tient à transformer ses images à travers une imagination «normative et hilarante» à la fois. «Ainsi, il garde l’esprit urbain en tant que massification humaine, telle qu’elle se manifeste, à la fois, comme réalité et imagination culturelle intégrale et imprégnée de plusieurs dimensions symboliques».

L’exposition individuelle «La voix des images» de l’artiste Nabil Bahya se poursuit jusqu’au 19 décembre à la galerie d’art contemporain Mohamed Drissi à Tanger. Il y présente ses nouvelles oeuvres qui, tel qu’il le révèle, reflètent «les états d’âme dans les villes, entre les ruelles, les artères et les places au-delà de toute démarche figurative». Ainsi, ces états d’âme se mêlent, comme il l’indique, à son tempérament, émotion et être pour adopter une démarche analytique du visible. Le tout en recourant, tel qu’il l’explicite, à l’art «abstrait avec un apport de touches propres pour transformer les scènes, les contextes et les situations». «C’est comme si l’artiste tient à reconstruire sa mémoire chargée d’images immortalisant ses déplacements rapides», estime, de son côté, le critique d’art Benyounes Amirouch.

Pour lui, l’artiste tient à transformer ses images à travers une imagination «normative et hilarante» à la fois. «Ainsi, il garde l’esprit urbain en tant que massification humaine, telle qu’elle se manifeste, à la fois, comme réalité et imagination culturelle intégrale et imprégnée de plusieurs dimensions symboliques. En même temps, cet esprit urbain interagit avec les aspects des traitements humains en tant qu’actualité, avenir et destin», ajoute le critique. Pour l’heure, Nabil Bahya complète son travail avec l’art graphique, qui lui offre autant d’occasions singulières de se réaliser, de tester sa créativité et de toujours se remettre en question. Oniriques et poétiques, ses réalisations sont, tel qu’il le réitère, conçues comme des «hommages à des scènes d’actualité». L’artiste fragmente ses compositions, les mettant en mouvement dans des tracés volontairement complexes, entre douceur des couleurs et force des sujets. En détail, cet artiste, natif de Marrakech, a une double vocation, plastique et graphique.

Tel qu’il le rappelle, il a toujours opté pour une démarche plastique mêlant soigneusement créativité, recherche, ingéniosité et profondeur conceptuelle. Défendant la notion de la vie des formes, il tient à ce que l’oeuvre d’art soit plus perçue comme un champ de découvertes qui suscite des débats et des réflexions, afin qu’il puisse partager son aventure artistique avec le public et apporter un meilleur éclairage sur les questions de l’art par rapport au corps et l’espace. Pour lui, l’art est une autre vie féconde de contemplation et de réflexion, voire de dialogue avec l’espace urbain, le monde et l’Autre. «A mon sens, la création se veut une aventure passionnante qui surpasse l’ordinaire et les sentiers battus. C’est un autre contact avec l’espace pictural où l’artiste est un chercheur soucieux d’explorer d’autres champs visuels», s’exprime-t-il à propos de son art.

Pour rappel, Nabil Bahya est un artiste- peintre marocain pluridisciplinaire. Il est né en 1979 et diplômé de l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Casablanca. Il vit et travaille entre Kenitra et Casablanca. Dès son intégration à l’école des beaux-arts de Casablanca, à la fin des années 90, il s’oriente d’abord vers l’abstraction géométrique et la décomposition de l’espace pictural. Il emploie différents outils et matières (plume, pinceau, pastel, huile, poudre de marbre et autres) qui semble fusionner et converger pour étayer le côté esthétique et alchimique de l’oeuvre. De quoi offrir une belle contemplation.

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