Culture

Des mesures pour redorer le blason de la presse

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Le sujet a été débattu lors d’un séminaire à Beni Mellal

En présence de Younes Moujahid, ancien président du Conseil national de la presse, et de Abdelkébir Khchichen, président du Syndicat national de la presse marocaine, un séminaire autour de «La réalité de la presse et des médias nationaux et régionaux et les défis du futur» a été organisé à la Faculté des lettres et des sciences humaines à Beni Mellal, samedi 23 mars, en marge de la commémoration de la quatrième année du décès de Mohamed Hajjam, fondateur de Milafat Tadla.

 

Lors de son intervention, M. Khchichen a souligné que le secteur de la presse au Maroc est en crise pour diverses raisons. Et d’expliquer : «Au Maroc, la presse a grand besoin d’organisation et de formation. Ainsi, le journaliste doit être instruit et d’un excellent niveau de savoir. En outre, il est tenu de respecter la déontologie du journalisme pour donner naissance à une presse digne de ce nom. La presse au Maroc est un secteur qui laisse beaucoup à désirer et le seul moyen de l’organiser ce sont les lois.

Et c’est la raison pour laquelle on a mis l’accent sur la révision du code de la presse qui renferme la loi 89/13 relative au statut du journaliste professionnel, la loi 90/13 portant sur la création du Conseil national de la presse et la loi 88/13 relative à la presse et à l’édition. Personne ne nie que le domaine de la presse, au Maroc, est devenu anarchique et dépourvu de formation et de soutien. En outre, la problématique inextricable c’est celle des entreprises de la presse dont la majorité ne se compose que d’un seul journaliste qui fait office de rédacteur en chef, de directeur de publication, de photographe…». Et de poursuivre : «La presse régionale est l’avenir de l’échiquier médiatique. Ainsi, elle a grand besoin d’un soutien régional pour qu’elle soit autonome financièrement et qu’elle aille de l’avant».

Pour sa part, Younes Moujahid a mis en exergue la problématique de la presse électronique et en papier tout en mettant l’accent sur les résultats d’un diagnostic, à savoir que «la presse en papier vit dans une crise lamentable et surtout au temps des années Covid 19. Depuis, elle n’a jamais pu revivre sa belle époque d’antan. Concernant la presse marocaine, toutes publications confondues, sur un tirage de 100.000 exemplaires, les ventes ne dépassent pas les 40.000. En outre, sur 95 journaux, seuls 19 emploient 10 journalistes au moment où plus de 47 périodiques n’emploient que 1 à 3 journalistes et 21 journaux ne dépassent pas un seul journaliste.

Au niveau de la presse numérique, en 2022 sur un nombre de 471 journaux, 207 emploient un seul journaliste. Faute de formation, d’équipements, d’investissement, de ressources humaines et de vraies entreprises de presse, on déduit qu’il s’agit d’une crise structurelle. Il est des professions qui ont vu le jour et d’autres qui ont disparu du fait des nouvelles technologies d’information, du numérique, de l’intelligence artificielle… Les formations classiques dans le domaine de la presse sont dépassées et les nouvelles recrues que nous cherchons et dont nous avons besoin n’ont pas de diplômes en général, c’est une crise qui frappe de plein fouet la presse régionale et nationale. Nous sommes en train d’élaborer des recommandations et des propositions à même de nous éclairer le chemin», a-t-il souligné.

 

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